Dépêches

Haïti/Sous-traitance : Les syndicats ouvriers dénoncent des manœuvres visant à affaiblir leur mobilisation


mercredi 2 août 2017

P-au-P, 1er août 2017 [AlterPresse] --- Les syndicats ouvriers mettent en garde contre des manœuvres du patronat et du gouvernement, qui viseraient à affaiblir leur mobilisation, lors d’une conférence de presse, ce mardi 1er août 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

La Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) condamne le comportement « anti-syndical du gouvernement haïtien et des patrons d’usines, qui prend pied dans le pays ».

« Ce gouvernement n’a pas un agenda pour défendre les ouvrières et ouvriers, les travailleuses et travailleurs », critique le coordonnateur général de la Cnoha, Dominique St Eloi.

« Le président Jovenel Moïse, les patrons d’usines (gens d’affaires) ainsi que la Direction départementale de l’Ouest (Ddo) de la Police nationale se sont concertés pour intimider les ouvrières et ouvriers, mobilisés pour prendre les rues », le lundi 31 juillet 2017, fustige la Cnoha.

Les ouvrières et ouvriers de la sous-traitance ont été empêchés de regagner les rues, tôt dans la matinée du lundi 31 juillet 2017, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh).

Télémaque Pierre, porte-parole de la Platfom sendikal izin tekstil-Batay ouvriye (Plasit-Bo), aurait été malmené par des agents de la Pnh.

Les syndicats prévoyaient une nouvelle semaine de mobilisation, dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, du lundi 31 juillet au samedi 5 août 2017.

La Cnoha appelle les organisations des droits humains, les organisations syndicales, nationales et internationales, ainsi que les parlementaires haïtiens à prendre note du comportement, affiché par le pouvoir actuel, qui, en complicité avec les patrons, a violé le droit à la mobilisation des ouvrières et ouvriers.

Pour affaiblir le mouvement des ouvriers, certains patrons leur auraient offert un salaire journalier de 400.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 64.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), avec un quota de 20% de production en moins, rapporte St Eloi.

Ils ont également promis d’autres accompagnements aux ouvrières et ouvriers, qui auraient décidé de travailler régulièrement durant le mois d’août 2017.

Questionné sur l’avenir du mouvement, St Eloi indique que les organisations ouvrières sont en concertation, en vue de définir de nouvelles stratégies dans la lutte.

En ce sens, il appelle les ouvrières et ouvriers à rester « soudés », en attente de nouveaux mots d’ordre.

La présidence a annoncé avoir paraphé un arrêté, fixant le salaire minimum journalier dans différentes branches, dont celui de la sous-traitance, à 350.00 gourdes au lieu des 800.00 gourdes réclamées par les syndicats.

Ce nouveau salaire devrait être effectif, dans la branche de la sous-traitance, à partir du mardi 1er août 2017.

La décision de Jovenel Moïse d’ajouter seulement 15.00 gourdes au montant de 335.00 gourdes, proposé par le Conseil supérieur des salaires (Css), est « indigne, injuste et partisane », a critiqué l’Observatoire haïtien des droits humains (Ohdh). [jd emb rc apr 1er/08/2017 13:40]