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Haïti-Ueh/Crise : Diverses organisations sociales souhaitent un « Conseil transitoire »

P-au-P, 27 juin 2017 [AlterPresse] --- Des organisations estudiantines, populaires et syndicales [1] appellent à la mise en place d’un « Conseil transitoire » à la tête de l’Université d’État d’Haïti (Ueh) et de la Faculté d’ethnologie (Fe) afin de résoudre la crise qui secoue l’institution.

Contrairement à l’idée de médiation promue par des professeurs, ces organisations veulent un nouveau Conseil qui devrait travailler sur la réouverture des facultés fermées depuis plusieurs mois, le lancement du processus de la réforme de l’Ueh, et la réintégration des étudiants « expulsés arbitrairement », suggèrent-elles, dans une note conjointe de prise de position, transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Cette instance aurait également à faire la lumière sur des gabegies supposées à l’Ueh et organiser des élections au « suffrage universel » pour élire un Conseil exécutif et un Conseil de l’Université.

La dimension que prend cette crise serait le résultat de la crise structurelle, existant au niveau de l’Ueh depuis plusieurs années, selon ces organisations.

Elle serait aussi liée à la « mauvaise gestion et l’irresponsabilité des dirigeantes et dirigeants de l’Ueh qui n’ont jamais travaillé, depuis plus de 20 ans, pour permettre à l’Ueh de fonctionner dans de bonnes conditions ».

Toutefois, aucune dimension de la crise ne saurait justifier l’incident qui s’est produit le lundi 12 juin 2017, dans l’enceinte de la Fe, estiment ces organisations.

John Rock Gourgueder Jean, un jeune étudiant en anthropo-sociologie, préalablement expulsé de la Fe, a été renversé par le véhicule du doyen de la Fe, Jean Yves Blot, suite à un mouvement de protestations violentes de plusieurs étudiants.

Les étudiants protestataires accusent le doyen d’avoir fait rouler le véhicule sur l’étudiant.

Gourgueder Jean s’est jeté volontairement sur le véhicule, selon la version de Blot qui dit s’être échappé de justesse d’une tentative de séquestration.

Plusieurs professeurs dont le vice doyen Robert Moïse et John Picard Byron ont été agressés et des véhicules se trouvant sur la cour de la faculté incendiés.

Les organisations exhortent la justice à prendre leur responsabilité.

Des étudiants de l’Ueh projettent, pour le mercredi 28 juin 2017, une nouvelle marche, pour réclamer justice en faveur de la victime qui reçoit actuellement des soins dans un hôpital à Port-au-Prince.

Les organisations promettent d’accompagner toutes les mobilisations des étudiants et des professeurs, visant à exiger la réforme de l’Ueh. [jd emb gp apr 27/06/2017 13 :00]


[1Parmi les organisations signataires de la note figurent le Mouvement démocratique populaire (Modep), le Sek Gramsci, le Sek Janil, le Groupe de réflexion sur les problèmes sociaux (Greps), le Mouvement visionnaire desalinien (Movid) et l’Union nationale des normaliens haïtiens (Unnoh), le Mouvement de liberté, d’égalité des haïtiens pour la fraternité (Moleghaf), le Mouvement des jeunes haïtiens pour l’avancement de la lecture (Mojhal) et le Mouvement d’organisation pour le développement et la décentralisation du Nord et Nord-Est (Modod), entre autres.