Un Canadien à AlterPresse

Par Christian Leduc [1]

Dans la série d’interventions de collaborateurs réguliers ou occasionnels d’AlterPresse, à l’occasion de ses 3 ans le 28 janvier 2005

Je suis allé une première fois en Haïti en l’an 2000, quelques semaines seulement après l’assassinat du journaliste Jean Dominique. Pour un jeune étudiant canadien en journalisme, ce premier voyage sans mes parents était à tout le moins initiatique ! Des Cayes au Cap-Haïtien, je plongeais en plein cœur d’une réalité bien différente de celle que je connaissais jusqu’alors. à€ mon retour au Canada, je m’étais promis que mon expérience haïtienne n’allait pas se clore si vite.

Au début de 2004, lors du renversement d’Aristide, j’ai découvert AlterPresse en cherchant à obtenir une perspective différente sur la situation haïtienne, souvent présentée de façon trop factuelle par les autres médias. J’ai tout de suite apprécié la qualité et la diversité du contenu proposé par les journalistes d’AlterPresse ainsi que leurs collaborateurs.

L’idée m’est donc venue de contribuer à cette agence, question de renouer contact avec les Haïtiens et d’approfondir ma connaissance de leur pays. J’ai envoyé une demande à AlterPresse pour faire un stage d’un mois, peu après les inondations de l’ouragan Jeanne en septembre 2004. Gotson, Ronald et Vario m’ont accueilli avec la plus grande hospitalité.

Entre le 13 octobre et le 10 novembre, j’ai vécu et travaillé à Port-Au-Prince dans un contexte sociopolitique tendu, mais j’ai pu admirer, sur une base quotidienne, le professionnalisme et le dévouement des journalistes d’AlterPresse à l’amélioration du sort de leurs concitoyens, ce qui m’a considérablement touché.

En plus de l’expérience proprement journalistique du stage, les gens d’AlterPresse m’ont aussi montré d’autres facettes d’Haïti comme sa littérature, sa musique, etc. J’ai ainsi pu m’immerger un peu plus profondément dans l’univers de l’Haïtien ou de l’Haïtienne. Je les en remercie.

Les journalistes d’AlterPresse nous proposent une perspective humaine différente dans la cohue que peut parfois être l’information internationale. J’espère pouvoir les lire encore bien longtemps.

Bon anniversaire !