Haïti-Justice : Dénonciation du « laxisme » de la cour de cassation par rapport au dossier de Jean Léopold Dominique

P-au-P, 3 avril 2017 [AlterPresse] --- Le président de la Commission indépendante d’appui aux enquêtes relatives aux assassinats des journalistes (Ciapeaj), Guyler C. Delva condamne le laxisme de la Cour de cassation par rapport au dossier du journaliste Jean Léopold Dominique, assassiné le 3 avril 2000, devant les locaux de sa station, Radio Haïti-Inter.

À l’occasion du 17e anniversaire de l’assassinat de Dominique, la Ciapeaj dénonce le déni de justice de cette cour.

Delva pointe du doigt l’attitude de deux juges de la Cour de cassation qui refuseraient de travailler sur le dossier. Cette attitude démontre clairement qu’il y a une « volonté délibérée » de la cour de bloquer cette affaire, met-il en garde.

Il critique cette institution qui n’arrive pas à se prononcer sur le dossier, trois ans après le recours en récusation de l’ex-sénatrice lavalas, Mirlande Libérus Pavert.

Suivant les recommandations du rapport du juge Yvickel Dabrésil, rendu public le 17 janvier 2014, Libérus a été citée comme auteure intellectuelle du double assassinat du journaliste Dominique et du gardien de Radio Haïti Inter, Jean-Claude Louissaint.

« Ça fait 17 ans que Jean Dominique est mort, plusieurs autres journalistes sont morts, Brignol Lindor, Jacques Roche et Alix Joseph. Le pays est laissé aux bandits, des potentats complotent pour tuer des journalistes, ils continueront sur cette voie parce qu’ils savent que c’est le système de l’impunité qui continue dans le pays, il faut que cela cesse », fustige Delva.

Il appelle le président Jovenel Moïse et les parlementaires à agir vite afin de compléter les juges de la cour de cassation en vue de l’avancement du dossier de Dominique.

Pas moins de 19 témoins et inculpés ont été entendus à la Cour d’Appel de Port-au-Prince, entre le 10 février 2011 et le 5 juin 2013, parmi eux les anciens présidents René Garcia Préval et Jean Bertrand Aristide respectivement les 7 mars et 8 mai 2014.

Des déclarations faites le 25 janvier 2013 par un ancien responsable de sécurité au palais national en 2000 sous la présidence d’Aristide, Oriel Jean, font de Libérus, celle qui a voulu « faire taire Jean Dominique ».

Jean a été abattu de plusieurs balles dans l’après-midi du 2 mars 2015 à Delmas (périphérie nord). [bd emb gp apr 3/04/2017 15 :30]