Haïti-Corruption : L’Ucref soumet à la justice 6 rapports d’enquête sur le blanchiment des avoirs

P-au-P, 22 déc. 2016 [AlterPresse] --- L’Unité centrale de renseignements financiers (Ucref) a acheminé à la justice six (6) rapports d’enquête, en rapport au blanchiment des avoirs, au cours de l’année 2016, indique le directeur général de l’institution, Sonel Jean François.

Sur 11 cas traités, 6 sont acheminés à la justice et 5 autres sont en cours d’examen au niveau de la direction générale de l’institution, fait-il savoir, lors de la présentation d’un bilan pour l’année 2016 et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

L’institution a rempli sa mission qui consiste à mener des enquêtes à partir des déclarations de soupçons relatifs au blanchiment des avoirs, maintenant il revient à la justice de les approfondir, avance-t-il.

La collaboration des institutions financières avec l’Ucref pour l’année 2016 a permis à l’institution d’ouvrir beaucoup plus d’enquêtes sur les déclarations de soupçons, poursuit-il.

Toutefois, Jean-François n’était pas en mesure de préciser si des candidats ou personnalités publiques ont été incriminés dans les rapports d’enquête.

Jovenel Moïse, candidat du Parti haïtien tèt kale (Phtk) de l’ancien président Joseph Michel Martelly), en tête des résultats partiels de la présidentielle du 20 novembre 2016, a été soupçonné d’implication dans des activités de blanchiments des avoirs, d’après un rapport de l’Ucref, en date du 23 août 2016.

Pour l’exercice en cours, l’Ucref entend redoubler d’efforts pour renforcer sa capacité dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, vus comme « des fléaux qui menacent le système financier haïtien ».

Le directeur général adjoint de l’Ucref, Clervens Sanon, appelle la société civile à collaborer avec l’institution afin de permettre à Haïti de se conformer aux normes internationales.

Les lois sur le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme et celle portant modification de la loi organique de l’Unité centrale de renseignements financiers (Ucref), ont été adoptées à l’unanimité par le sénat le mercredi 28 septembre 2016.

La loi portant modification de la loi organique de l’Ucref n’a pas encore été votée à la chambre des députés, rappelle Sanon.

Le bilan de l’Ucref « est maigre mais au regard de tout ce qui se faisait dans le temps, il est plus ou moins acceptable », estime le coordonnateur de l’organisation Défenseurs plus, Antonal Mortimé, interviewé par AlterPresse, en marge d’une rencontre de la direction générale de l’Ucref avec les représentants des organisations de la société civile.

Tenant compte des problèmes liés aux suspicions sur les provenances de fonds dans les institutions privées et publiques, beaucoup plus de travaux devraient être effectués, déplore-t-il.

L’organisation de droits humains compte collaborer avec l’Ucref en vue d’aider à renforcer davantage le cadre légal haïtien. [bd emb apr 22/12/2016 10 :40]