4 mois d’étude sur le développement des médias en Haïti

Par Betty Désir

P-au-P, 06 déc. 2016 [AlterPresse] --- La branche en Haïti de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et la Faculté des sciences humaines (Fasch) de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) ont lancé, ce mardi 6 décembre 2016, les travaux d’une étude sur le développement des médias en Haïti, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Financée à hauteur de 800 mille gourdes (US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), cette étude, coordonnée par la Fasch, se déroulera du jeudi 8 décembre 2016 au vendredi 31 mars 2017, sur la base des Indicateurs de développement des médias (Idm) [1].

Cette étude sur la presse constitue une autocritique des cours, dispensés par le département de communication de la Fasch de l’Ueh, qui forme une grande partie des travailleurs qui s’adonnent au journalisme, indique le responsable du département de communication de la Fasch, le professeur Ary Régis.

Elle aura aussi pour finalité de permettre à tout un chacun d’avoir, de façon objective, des éléments pertinents sur le développement des médias.

« L’idée de faire une étude de la presse répond plutôt à un désir d’aider à l’amélioration du travail de la presse. Il faut que le travail de la presse soit plus valorisé, autant par des acteurs externes à la presse que par ceux qui sont dans la presse ».

24 enquêteurs seront déployés dans les 10 départements géographiques en Haïti, à raison d’un enquêteur par département, secondé par 3 superviseurs, explique le professeur de journalisme à la Fasch, Pharès Jérôme (photo logo), également journaliste au quotidien « Le Nouvelliste ».

Cette étude, qui sera effectuée avec l’apport des professionnels des médias, aurait pour objectif de renforcer la capacité des actrices et acteurs locaux, pour leur permettre de comprendre et d’évaluer les questions relatives au développement des médias.

Cette recherche vient, à point nommé, au moment où les travaux des médias et des journalistes en Haïti ne cessent point d’être l’objet de débats dans la société.

Cette enquête a l’avantage d’intégrer une perspective complète, parce qu’elle va aborder des thématiques de fond, notamment la question du pluralisme et de la diversité des médias, souligne le coordonnateur du Groupe Médialternatif (Gm, société de communication sociale, qui gère le Réseau alternatif haïtien d’information, AlterPresse), également un des conseillers du comité en charge de l’étude, Gotson Pierre.

« C’est un enjeu important... Depuis plusieurs dizaines d’années, des groupes de la société ne cessent de poser le problème de la démocratisation des médias en Haïti », rappelle Gotson Pierre.

Cette thématique concerne Haïti, mais aussi l’ensemble des pays de la région.

« Nous ne sommes pas les premiers à poser ce problème. La question de régulation est aussi essentielle, parce que, tous les jours, nous nous posons des questions sur la gestion du paysage médiatique », poursuit-il.

Pierre entend contribuer, de manière à ce que ce travail puisse apporter des outils utiles aux professionnels des médias et refléter la sensibilité de divers secteurs sur la question.

Trop souvent, les secteurs sociaux, les organisations de la société civile et même des organisations professionnelles ne sont pas assez intéressés au développement des médias.

Cette étude sur le développement des médias en Haïti est appelée à susciter un débat autour de la question médiatique, à l’intérieur de la société haïtienne.

L’enquête pourra apporter des thématiques de plaidoyer aux organisations de la société civile, tout en encourageant de meilleures dispositions institutionnnelles (de l’État= par rapport aux médias, souhaite Gotson Pierre.

Il n’y a pas de société qui avance, de manière équitable, sans les médias... jouant pleinement leur rôle. Cette étude permettra de voir où les médias se situent par rapport à leur rôle, estime le représentant de l’Unesco en Haïti, Paul Gomis.

Les médias auront toute la crédibilité et le respect de la société haïtienne et de la communauté internationale, s’ils sont capables de s’autoréguler, soutient Gomis, tout en appelant à la collaboration de toutes et de tous pour la réussite de cette étude. [bd emb rc apr 06/12/2016 16:15]