« Pas de solution interne » à la crise en Haïti, soutient le maire des Cayes et ancien sénateur Gabriel Fortuné

Cayes, 29 juillet 2016 [AlterPresse] --- Alors que Haïti est engagée dans un processus électoral pour choisir un président et compléter le parlement, le maire des Cayes (Sud) et ancien sénateur Gabriel Fortuné soutient qu’il n’y a « pas de solution interne » à la situation de crise que connaît le pays.

« Tous les leviers internes ont été utilisés », déclare le maire, invité à l’émission TiChèzBa, réalisée dans la ville des Cayes et prévue pour être diffusée les samedi 30 et dimanche 31 juillet 2016 sur la station en ligne AlterRadio (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

Pas plus tard que le 28 juillet, le président provisoire Jocelerme Privert a levé tout doute sur le financement des prochaines élections et a souligné à l’encre forte l’impérieuse nécessité que les compétitions soient crédibles, honnêtes et démocratiques.

Pour le chef de l’État, dont le mandat a expiré le 14 juin dernier sans que le parlement ait pu, jusqu’à présent, décider de l’avenir de la transition, il s’agit de récupérer la souveraineté nationale.

Ancien délégué départemental de l’ex président Michel Martelly, Gabriel Fortuné critique à la fois l’exécutif en place, le parlement dont les membres tendent par leur comportement à justifier l’idée qu’ils sont « mal élus » et le Conseil électoral provisoire (Cep). Affirmant son scepticisme sur la tenue des élections, il avance que « seul un coup de force peut résoudre cette situation ».

Les Etats-Unis et les Nations-Unies réfléchiraient à une telle éventualité, déclare-t-il.

Interpellé sur la gravité de telle déclaration qui pourrait être interprétée comme un souhait d’intervention étrangère dans les affaires haïtiennes, le maire des Cayes a affirmé : « la météo annonce des inondations. Je ne les souhaite pas. Je me prépare en conséquence ».

« Tôt ou tard, vous serez occupés en bonne et due forme », a-t-il martelé.

Le 28 juillet dernier marquait le 101ème anniversaire du 1er débarquement américain en Haïti. Le sol d’Haïti a été, une seconde fois, foulé par les troupes américaines en 1994. Depuis 2004, une force onusienne est présente dans le pays.

Un appel a été lancé, le 28 juillet par les mouvements sociaux, en faveur de la construction d’un mouvement patriotique fort articulé et unitaire, qui doit rassembler toutes les forces vives de la nation afin de libérer le pays. [apr 29/07/2016 22 :00]


TiChèzBa, édition du 23 juillet 2016, invité Gary Bodeau, député de l’Alliance parlementaire pour Haïti (Aph)

Le député Gary Bodeau chef de file de l’Alliance parlementaire pour Haïti (Aph), bloc farouchement opposé au pouvoir en place, se dit « ouvert au dialogue » pour une « solution acceptable » à la crise politique qui affecte Haïti.