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Des élections en Haiti sans l’appui de l’Oncle Sam, une bonne chose, estime le diplomate Pierre Cajuste

P-au-P, 8 juillet 2016 [AlterPresse]--- L’organisation des élections haïtiennes sans l’appui des États-Unis d’Amérique serait une bonne chose pour le pays, estime le diplomate Pierre Richard Cajuste.

La réalisation des élections sans l’aide financière de l’international permettrait de regagner la confiance des citoyennes et citoyens, souligne le diplomate, invité à l’émission TiChèzBa, prévue pour être diffusée les samedi 9 et dimanche 10 juillet 2016 sur la station en ligne AlterRadio (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

L’aide financière des États-Unis à Haïti pour l’achèvement du processus électoral présidentiel aurait été suspendue, annonce officiellement jeudi 7 juillet le département d’État américain.

Les États-Unis auraient contribué à hauteur de 33 millions de dollars pour l’organisation des scrutins de 2015, jugés frauduleux.

Suite aux recommandations du rapport de la Commission de vérification et d’évaluation électorale (Cieve), les résultats de la présidentielle du 25 octobre 2015 ont été annulés en dépit des pressions exercées par les autorités internationales, notamment américaines, pour les maintenir.

La Cieve a aussi exigé la révision de plusieurs dizaines de sentences prononcées par les Bureaux de contentieux électoraux.

Pour leur honneur, les autorités électorales ont pour obligation de réaliser de bonnes élections dans le pays, affirme Cajuste.

Toutefois, il met en relief un contexte difficile où il constate une absence de programmes et de vision, due à une crise de gouvernance globale.

Comment sortir de la crise ?

Sortir de la crise actuelle représente un grand défi, déclare Cajuste. Il soutient que l’échec de l’État et des organisations sociales constitue un dénominateur commun de la présente situation.

« Nous avons une formation sociale qui n’a jamais été structurée pour permettre aux citoyens d’avancer et de trouver un modus vivendi ».

Le diplomate, qui a été en poste à l’ONU, appelle à adresser les questions de développement pour pouvoir dépasser les crises politiques et prendre en compte les besoins les plus essentiels dans la vie des gens.

La politique devient un handicap et une entrave à la société, dit-il, fustigeant la politicaillerie qui se pratique en Haïti.

La politique est, de nos jours, à la recherche de la satisfaction d’intérêts personnels au détriment du bien commun, déplore-t-il. Elle n’apporte pas de réponses efficaces aux problèmes les plus simples comme le ramassage d’ordures et l’accès des enfants à l’éducation.

Il faut traiter les questions d’ordre structurel et développer d’autres pratiques politiques afin d’éviter d’avoir ces mêmes formes de crise, suggère-t-il.

Cajuste plaide pour des investissements stratégiques de l’État, l’investissement direct étranger, la création et la redistribution de richesses au profit de la population. [emb gp apr 08/07/2016 17 : 30]


TiChèzBa, édition du 25 juin 2016, invité James Darbouze, philosophe, chercheur et militant

Le philosophe et chercheur James Darbouze dénonce, dans la conjoncture politique, une tentative de confiscation de l’appareil électoral par des forces politiques.