Le pasteur Clément Joseph dénonce l’égoïsme et la méchanceté des protagonistes de la crise en Haïti

P-au-P, 17 juin 2016 [AlterPresse] --- L’égoïsme et la méchanceté des protagonistes seraient à la base du blocage de la situation politique actuelle, en Haïti, déplore le pasteur Clément Joseph, secrétaire général de « Religions pour la paix » et de la Mission sociale des églises haïtiennes (Misseh).

Les secteurs politiques en Haïti ont un niveau d’égoïsme qui dépasse les bornes, critique Joseph à l’émission TiChèzBa, prévue pour être diffusée les samedi 18 et dimanche 19 juin 2016 sur la station en ligne AlterRadio (samedi : 7:00 am, 3:00 pm ; dimanche : 7:00 am, 1:00 pm, 5:00 pm).

Clément Joseph pointe particulièrement du doigt l’égoïsme des parlementaires, qui ne veulent même pas réaliser l’Assemblée nationale pour décider du sort du président provisoire Jocelerme Privert, dont le mandat de 120 jours a expiré le mardi 14 juin 2016.

Il appelle les différents secteurs, notamment religieux, à faire front commun, afin de diminuer cet élan d’égoïsme dans le pays.

Comment un pays, comme Haïti, dont la devise est basée sur la liberté et l’égalité, puisse accepter d’être aussi divisé sur des détails insignifiants ?, s’interroge-t-il.

Les parlementaires doivent se réunir pour prendre leurs responsabilités face à l’exécutif actuel, au lieu de faire du marronnage, recommande le pasteur, qui les exhorte, en ce sens, à prendre une décision affichant une certaine neutralité et objectivité pour la satisfaction de tous.

Privert n’est pas le seul responsable du retard accumulé dans la poursuite du processus électoral. Il y a aussi le parlement, qui a mis trop de temps à ratifier un premier ministre, affirme-t-il.

L’un des succès de Privert est d’avoir mis sur pied un Conseil électoral provisoire (Cep) qui n’est pas contesté jusqu’à présent, applaudit-il.

Toutefois, Clément Joseph exprime ses préoccupations par rapport à l’absence de conditions psychosociales et politiques, qui devraient être mises en place en vue de l’organisation des prochaines élections, fixées pour les dimanches 9 octobre 2016 et 8 janvier 2017.

Des pourparlers entre les protagonistes politiques, notamment les parlementaires, sont en cours pour convoquer l’Assemblée nationale devant statuer sur ce dossier.

Au regard de l’évolution de la situation politique, le Groupe des huit candidats à la présidence (G-8), qui protestaient contre les résultats des élections controversées de 2015 a été dissous, indique un communiqué en date du 16 juin 2016, transmis à AlterPresse.

« Je n’arrive pas à comprendre comment il est facile pour les Haïtiens de se rassembler pour détruire et non pour construire ? », fustige Clément Joseph, en faisant référence à l’initiative du groupe qui s’inscrivait, dit-il, dans une démarche partisane.

« Ce sont des intérêts égoïstes, qui empêchent le G-8 de rester ensemble. (…) Je ne comprends pas pourquoi ils [les candidats] n’ont pas cherché à se mettre ensemble pour réduire le nombre de leurs candidatures à deux », regrette-t-il.

Clément Joseph rappelle combien les efforts de médiation, entrepris par Religions pour la paix, visent à encourager les protagonistes politiques à s’entendre, en vue d’assurer une meilleure gestion de l’État, capable d’améliorer les conditions de vie de la population. [emb rc gp apr 17/06/2016 14:00]


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