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Haïti-Justice : L’interdiction de port d’armes pénalise les détenteurs légaux et non les bandits, selon le Collectif du 4 décembre

P-au-P, 14 juin 2016 [AlterPresse] --- Le Collectif du 4 décembre dénonce la mesure d’interdiction de port d’armes, prise par le gouvernement qui pénalise les détenteurs légaux et non les bandits, dans une note transmise à AlterPresse.

Au lieu d’assumer ses responsabilités, en désarmant les malfrats pour protéger la population, les responsables de la sécurité Publique se complaisent à révoquer les permis réguliers de port d’armes, critique-t-il.

« Il devient de plus en plus ahurissant et révoltant qu’à chaque fois que la situation sécuritaire devient alarmante, les autorités concernées, telles le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (Mjsp) prennent la mauvaise habitude de pénaliser les détenteurs légaux d’armes à feu et non les bandits ».

Suite à des informations, laissant croire que des gens seraient sur le point d’attaquer, entre autres, des écoles, des ministères et les stations-services, le gouvernement a décidé de révoquer tous les permis de port d’armes sur tout le territoire jusqu’à nouvel ordre.

Cette disposition, en vigueur depuis le jeudi 9 juin 2016, a soulevé la grogne au sein de certains secteurs.

Cette décision, vise-t-elle vraiment à protéger la population ou à faciliter la tâche aux bandits qui, non seulement agissent en toute impunité, mais également recourent à des armes illégales pour commettre leurs forfaits ?, s’interroge le Collectif.

« Les autorités du pays, savent-elles à quoi elles exposent le simple citoyen ou les propriétaires d’entreprises qui, se trouvant livrés à leur sort, sans possibilité d’auto-défense, doivent s’en remettre totalement à une Police nationale d’Haïti (Pnh) souvent en déroute, soit par manque d’effectif soit par insuffisance d’équipements ? », poursuit-il.

Le Collectif du 4décembre demande à la Pnh et à ses autorités de tutelle d’assumer leurs responsabilités et de comprendre la portée de l’impact de ces décisions routinières, mettant en danger la vie des paisibles citoyens qu’elles ont pour devoir de protéger.

La décision d’interdiction de port d’armes doit être annulée sans plus tarder, au bénéfice des citoyens honnêtes qui ont le droit de défendre leurs biens, leur vie, leurs familles ou leurs proches, des entrepreneurs et investisseurs créateurs d’emplois, qui ne demandent qu’un climat sécuritaire, réclame-t-il.

Les citoyens paisibles attendent, de la part des tenants du pouvoir, de vraies mesures de sécurité ainsi que des décisions structurelles et non démagogiques, avance-t-il.

Dans la soirée du lundi 13 au mardi 14 juin 2016, le Cspn a décidé, en urgence, d’interdire, sur tout le territoire national d’Haïti, toute circulation de personnes et de véhicules, à l’exception des ambulances et des patrouilles policières.

Cette décision a été adoptée dans un contexte d’incertitude politique, liée à la fin de mandat du président provisoire Jocelerme Privert, le mardi 14 juin 2016, aux termes de l’accord politique du 6 février 2016, signé par Martelly, Privert (alors président du sénat) et Cholzer Chancy, président de la chambre des députés. [bd emb gp apr 14/06/2016 10:30]