Haïti-Agriculture : La sécheresse ravage plusieurs communes frontalières

P-au-P, 30 mars 2016 [AlterPresse] ----La sécheresse, enregistrée depuis le début de l’année 2016, continue d’affecter plusieurs communes frontalières en Haïti, comme Ouanaminthe (Nord-Est), Belladère et Savanette (bas Plateau central),Thomassique (haut Plateau central), Anse-à-Pitres (Sud-Est), Fonds-Verettes (Ouest), rapporte la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), dans une note transmise à AlterPresse.

Pénurie d’eau, assèchement des puits et des rivières, pertes de plantations de bananes et de haricots sont parmi les problèmes, auxquels sont confrontées les communautés, notamment les agricultrices et agriculteurs de ces communes, plongées dans la famine.

Face à cette situation critique, des habitantes et habitants de Savanette se tournent vers la République voisine. Des agriculteurs se réfugient dans des champs dominicains, pour travailler la terre, en échange de quelques pesos.

Les travaux agricoles sont impossibles à cause de la sécheresse, regrette un paysan de La Haye, deuxième section communale de Savanette.

Le panier alimentaire, publié en janvier 2016, avait annoncé une accentuation de l’insécurité alimentaire pour les six premiers mois de l’année 2016, rappelle la note.

Une longue période de sécheresse, entraînant des pertes énormes de récoltes, a eu des conséquences néfastes sur la disponibilité alimentaire, dans plusieurs départements géographiques en Haïti, notamment le Sud-Est, le Sud, le Nord-Est, les Nippes et le Plateau central.

Beaucoup de ressortissants haïtiens sont, ainsi, contraints de traverser la frontière de Comendador (Elías Piña, l’une des 32 provinces de la République Dominicaine) par Renthe Mathe et par Ouasec, respectivement première et deuxième section communales de Belladère, pour aller chercher un mieux-être en République Dominicaine, selon des observations effectues par la plateforme Garr au cours du premier trimestre de l’année 2016.

Les habitantes et habitants de Thomassique se plaignent également de la faim, de la pénurie d’eau et des maladies, telles que le choléra.

La route en terre battue, qui mène à la commune de Thomassique, devient de plus en plus impraticable, à cause de la poussière provoquée par la sécheresse.

« Il n’existe pas d’eau pour arroser nos jardins, en raison de l’absence de système d’irrigation. Toutes nos denrées sont détruites par le soleil », déplore un agriculteur du Bas Maribahoux, 3e section communale de Ferrier (département du Nord-Est), limitrophe de Monte Cristi, une province dominicaine.

La principale source d’approvisionnement de la population d’Anse-à-Pitres (Sud-Est) est le marché dominicain de Pedernales, où les produits - exposés par les commerçantes et commerçants - sont, en majorité, des denrées dominicaines.

Outre la pêche et le commerce - qui consiste surtout en la vente de vêtements usagers -, la population n’aurait pas d’autres sources de revenus à Anse-à-Pitres.

La plateforme Garr lance un cri d’alarme aux autorités haïtiennes, en vue de porter secours à ces communautés frontalières, tout en les exhortant à doter les zones frontalières de vrais systèmes d’irrigation, susceptibles de permettre aux habitantes et habitants de faire face aux périodes de sécheresse. [emb rc apr 30/03/2016 14:50]