Español English French Kwéyol

Premier anniversaire du décès subit de Sony Estéus

Haïti-Presse : Divers témoignages en souvenir du journaliste Sony Estéus

P-au-P, 1er mars 2016 [AlterPresse] --- Le parti politique Rasin Kan Pèp La et la Société d’animation et de communication sociale (Saks) font part de leurs témoignages à l’occasion du premier anniversaire (1er mars 2015-1er mars 2016) de la mort du militant et journaliste Sony Estéus (Saint-Louis du Sud 20 novembre 1964 - Delmas 1er mars 2015).

L’ancien directeur général de la Saks est décédé subitement, dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 mars 2015, en sa résidence à Delmas (périphérie nord-est).

« La perte de ce camarade est un grand coup pour le parti, mais aussi pour le pays. Il a passé une bonne partie de sa vie, dans la lutte auprès des masses, dans la lutte pour la démocratisation du droit à la parole dans le pays », témoigne Olriche Jean Pierre, membre de Rasin Kan Pèp la.

L’absence de Sony Estéus pèse lourd au sein du parti, mais aussi dans toutes les institutions, où il a eu une expérience de travail, poursuit-il.

« Sony avait une place spéciale dans le cœur des paysannes et paysans. Dans ce moment difficile, il aurait pu demander où se trouvent l’Intérêt du pays et même l’intérêt des petits paysans. (…) Pour Sony, une autre Haïti est possible. Mais, pour cela, il faut que les paysans s’impliquent d’avantage ».

Le défunt journaliste a consacré une partie de sa vie dans une dynamique de combat, pour l’émergence et l’émancipation des masses.

Le Parti Rasin Kan Pèp La affirme s’engager, dans la même ligne que Sony Estéus, de telle sorte que le pays puisse retrouver son autonomie.

Pour sa part, l’actuel directeur de Saks et également chef du département de communication à la Faculté des Sciences Humaines (Fasch), Ary Régis, salue la mémoire de Sony Estéus.

« Un an après, Saks ressent l’absence de Sony, qui était l’un des membres fondateurs de l’institution, un éducateur populaire, qui avait participé dans la mise sur pied de plusieurs radios communautaires dans les 10 départements du pays, de 1992 à 2015 », exprime une note de Saks.

Une année après cette disparition, Saks veut se rappeler le rôle d’étendard, joué par Sony Estéus pour mettre sur pied l’Académie de la langue créole, aboutissement de la première étape dans la lutte, qu’il menait au sein de Saks, en tant que promoteur de la langue et de la culture haïtienne.

Engagé dans la communication alternative et populaire, Sony Estéus était membre fondateur de la Saks, dont il est devenu le directeur dans les années 2000, à la suite du départ, pour l’étranger, du communicateur et journaliste Joseph Georges.

À ce titre, il travaillait principalement dans l’accompagnement et la formation des équipes de radios communautaires à travers Haïti.

Sony Estéus était amené à effectuer de fréquents déplacements, dans le milieu paysan, à travers Haïti.

Partenaire du Groupe Médialternatif, la Saks est membre de l’Association mondiale des radios communautaires (Amarc), dont Sony Estéus était le vice-président pour les Caraïbes.

Au chapitre des stations de radios communautaires, Sony Estéus a permis d’élaborer un document normatif, qui n’a pas encore été l’objet d’un vote au parlement.

Sony Estéus animait, sur la station privée Radio Kiskeya, une émission consacrée au monde paysan, intitulée Nou tout anndan (Tous à l’intérieur, par opposition à l’expression « pays en dehors », qui désigne « péjorativement » la paysannerie). [jep emb rc apr 01/03/2016 15:15]