P-au-P, 17 févr. 2016 [AlterPresse] --- Des échanges ont eu lieu, le mardi 16 février 2016, entre le président provisoire Jocelerme Privert et des représentants de partis politiques de l’opposition en vue de la désignation d’un premier ministre de consensus, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
Le candidat à la présidence, Jean-Charles Moïse de la plateforme politique Pitit Desalin a appelé à la formation d’une commission d’évaluation électorale, en vue de l’épuration des résultats des élections des 9 août et 25 octobre 2015, jugées frauduleuses, déclare-t-il à AlterPresse.
Jean-Charles Moïse exige du président provisoire la mise sur pied d’un gouvernement de consensus avec tous les acteurs de la vie nationale.
Aucun membre de la plateforme « Pitit Dessalin » ne va intégrer le nouveau gouvernement, fait-il savoir.
Pour sa part, l’ancien candidat à la présidence de la plateforme politique Jistis, Me. Michel André, recommande une commission d’enquête administrative pour vérifier les opérations de corruption, orchestrées durant toute la durée de la présidence de Michel Martelly, dont le mandat est arrivé à terme le 7 février 2016.
Martelly a utilisé la corruption comme instrument de combat, dénonce Me. André.
Il suggère de choisir la présidente du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), Myrlande Hyppolite Manigat, pour diriger le nouveau gouvernement de consensus.
Les consultations, initiées par le président provisoire avec les partis politiques et la société civile, viseraient à recueillir des propositions de noms de personnalités, ayant les compétences nécessaires pour exercer la fonction de premier ministre.
Elles devraient s’achever le jeudi 18 février 2016.
Jocelerme Privert a entamé, le mardi 16 février 2016, une série de consultations avec différents secteurs de la vie nationale, autour de l’application de l’accord de sortie de crise du 6 février 2016.
Ces rencontres s’inscrivent dans l’impérieuse nécessité d’aboutir, dans le meilleur délai, à la désignation d’un Premier ministre et à la formation d’un gouvernement de consensus, ainsi qu’à la nomination des membres du Conseil électoral provisoire (Cep), indique un communiqué du bureau de communication de Jocelerme Privert.
Elles viseraient également à assurer le suivi des recommandations de la commission présidentielle d’évaluation électorale du 22 décembre 2015.
Privert s’engagerait à agir avec célérité, afin de faciliter la poursuite du processus électoral, en associant divers secteurs dans la démarche.
Le Groupe des huit (8) candidats à la présidence (G-8), qui conteste les résultats définitifs des élections du 25 octobre 2015, invite à se méfier des solutions cosmétiques, dans un communiqué en date du 15 février 2016.
Plusieurs secteurs politiques exigent du parlement le respect du principe de la séparation des pouvoirs, notamment dans la mise en place du gouvernement de consensus.
Lors d’une conférence de presse, donnée le mardi 16 février 2016, le candidat à la présidence du Parti haïtien tèt kale (Phtk de Michel Martelly), Jovenel Moïse, n’a pas hésité à exiger, de nouveau, un second tour de présidentielle avec Jude Célestin de La Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh), pour le 24 avril 2016. Jovenel Moïse met en avant les résultats contestés de la présidentielle controversée du 25 octobre 2015 ainsi que l’accord du 6 février 2016, sans prendre en compte les revendications générales pour un examen approfondi du processus électoral de 2015.
Les revendications générales de divers secteurs, en faveur de cette évaluation en profondeur du processus de 2015, ont abouti au renvoi sine die des élections, programmées pour le 24 janvier 2016 par le Conseil électoral décrié, dont 6 de ses membres ont démissionné de leur fonction à la fin de janvier 2016. [jep emb rc apr 17/02/2016 7:28]