Haïti-Elections : Fanm yo la dénonce la décision de Yolette Mengual de réintégrer le Cep

P-au-P, 28 janv. 2016 [AlterPresse] --- La décision de Yolette Mengual de réintégrer le Conseil électoral provisoire (Cep) constitue une décision contre les valeurs prônées par les féministes haïtiennes, dénonce l’organisation féministe Fanm yo la, dans une note en date du 26 janvier 2016.

En décidant de réintégrer le Cep, Mengual n’a nullement tenu compte des consignes qui lui ont été transmises tant par les institutions qui l’ont désignée au Cep que par le Collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes (Fanm yo la) dont elle est co-fondatrice, critique la note.

Cette attitude est en rupture avec les valeurs féministes et les comportements exemplaires des personnalités féministes qui ont servi dans les institutions de l’Etat, regrette l’organisation féministe.

Elle « est et ne doit rester qu’une regrettable et lamentable déviation pour l’ensemble du mouvement des femmes », souligne-t-elle.

Elle en profite pour saluer les organisations qui, à ce carrefour « si important et si difficile » pour le pays, ont également demandé à Mengual de se retirer du Cep, duquel plusieurs conseillers avaient déjà démissionné.

Quatre (4) des neuf (9) membres du dit Conseil ont déjà remis leur démission, à savoir les représentants du secteur des droits humains, Jaccéus Joseph, de la conférence épiscopale, Ricardo Augustin, des cultes réformés, Vijonet Deméro, et du secteur de la presse, Pierre Manigat Jr.

En vue d’entamer des démarches judiciaires contre les accusations portées contre elle, la conseillère électorale a été contrainte d’observer une suspension temporaire de ses activités au Conseil à la demande d’une correspondance, reçue de Fanm yo la, en date du 8 janvier 2016.

Dans cette correspondance, Fanm yo la lui a exigé de se libérer des responsabilités du Cep, en vue de pouvoir se consacrer pleinement à amener la justice à faire définitivement la lumière sur ce dossier de corruptions et enfin rétablir la justice.

Mengual a été accusée d’être impliquée dans des cas de corruption dans les élections controversées de 2015, dans le cadre de sa fonction au sein de l’institution électorale, par le candidat à la députation de la circonscription Ferrier / Les Perches (Nord-Est), Gérald Jean, et l’ancien président du Sénat de la république, Dieusseul Simon Desras.

Des organisations de femmes, dont la Solidarite des femmes haïtiennes (Sofa), Kay Fanm, Konbit Fanm Saj, Fanm Deside et Enfo Fanm, ont affirmé se démarquer des agissements de la conseillère, dans un communiqué en date du 18 décembre 2015.

L’Association nationale des médias haïtiens (Anmh) préconise la mise en place d’un Conseil électoral provisoire (Cep) qui serait issu d’une entente globale en vue d’une solution à la crise politique, dans une correspondance adressée au président Michel Martelly.

Cette réponse fait suite à une invitation de Martelly envoyée à l’Anmh en date du 25 janvier pour la désignation d’un représentant du secteur de la presse au sein du dit Conseil.

Cette sollicitation adressée également à d’autres secteurs en vue de la désignation de nouveaux membres au sein de l’institution électorale, a été vivement dénoncée par divers secteurs socio-politiques notamment la Sofa et le Groupe des huit (8) candidats à la présidence (G-8), réfractaires aux résultats controversés de la présidentielle du 25 octobre 2015. [emb gp apr 28/01/2016 14 : 40]