Perspectives

Haïti-Elections : Une députée américaine appelle le département d’Etat étasunien à ne pas soutenir le processus électoral en cours


vendredi 22 janvier 2016

P-au-P, 22 janv. 2016 [AlterPresse] --- La députée américaine Maxime Waters appelle le secrétaire du département d’Etat américain, John Kerry, à ne pas soutenir le processus électoral en cours en Haïti, dans une correspondance en date du 21 janvier 2016, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Waters demande instamment au département d’Etat étasunien d’utiliser le temps et l’influence des États-Unis pour donner aux Haïtiens la possibilité d’élire un gouvernement légitime et crédible.

Au cours des trois derniers mois, le processus électoral fortement détérioré a été rejeté par la plupart des secteurs de la société civile haïtienne, rappelle-t-elle.

La demande de la députée Maxime Waters vient à un moment, où le pouvoir exécutif et le Conseil électoral provisoire (Cep) s’entêtent à vouloir organiser « un plébiscite » pour le candidat Jovenel Moïse du Parti haïtien tèt kale (Phtk), rejeté par les forces vives de la Nation.

Deux des neuf conseillers électoraux ont démissionné de leurs postes au Conseil électoral provisoire, deux autres ont suspendu leur participation au Cep.

Les huit plus grands partis politiques de l’opposition et l’un des deux candidats, officiellement qualifiés pour le second tour de la présidentielle, Jude Célestin, ont annoncé qu’ils ne participeront pas aux élections du dimanche 24 janvier 2016, fait remarquer la députée américaine Maxime Waters.

Tous les secteurs de la vie nationale se sont exprimés sur la crise politique, notamment les sénateurs, les églises, les groupes de défense des droits humains, les partis politiques et les manifestants, pour obtenir l’annulation des élections annoncées pour le 24 janvier 2016.

Les intérêts des États-Unis d’Amérique et les idéaux les plus élevés seraient mieux servis en les soutenant, estime Maxime Waters, soulignant combien « un gouvernement, imposé sans le consentement populaire, aura du mal à obtenir un soutien pour les choix difficiles, qu’il devra prendre ».

Ce processus a apparemment commencé, avec l’incendie d’installations électorales, dans le Nord, l’Artibonite et l’Ouest.

« La réputation des États-Unis a déjà souffert de notre soutien à ces élections. Notre pays est largement critiqué dans la presse, dans les rues et parmi nos amis traditionnels en Haïti, pour l’écart entre notre engagement de principe de la démocratie et de nos pratiques actuelles en Haïti », signale Maxime Waters.

Pour sa part, l’ancien sénateur Dieusseul Simon Desras, ancien président de l’assemblée nationale de la 49e législature, a averti la députée Maxime Waters du « bain de sang », qui serait planifié pour le scrutin du 24 janvier 2016, dans une correspondance en date du 21 janvier 2016.

« Si les élections se tiennent dans les conditions actuelles de méfiance et d’illégitimité, le pays va plonger dans un bain de sang de non-retour », augure Desras.

L’ancien sénateur Dieusseul Simon Desras a demandé expressément à la députée américaine d’intervenir en vue de prévenir le « tsunami politique » du gouvernement américain contre les Haïtiens.

Entre-temps, le président Michel Martelly et le Cep maintiennent leur position d’organiser le second tour de la présidentielle et les législatives partielles, le 24 janvier 2016, en dépit de la désapprobation générale de divers secteurs et des manifestations intensives, annoncées par l’opposition, dans les rues de Port-au-Prince, du vendredi 22 janvier au lundi 25 janvier 2016, pour continuer d’exiger l’annulation de ces élections.

Depuis le lancement du processus du deuxième tour de la présidentielle, seul le candidat du Parti haïtien tèt kale (Phtk) au pouvoir, Jovenel Moise, mène campagne.

Jude Célestin, de la « Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation d’Haïti (Lapeh), a annoncé officiellement qu’il ne participera pas au second tour de la présidentielle face à Jovenel Moise, dans un message radio-télévisé le 18 janvier 2016.

Célestin qualifie, à l’avance, l’exercice annoncé du 24 janvier 2016 de « mascarade ». [jep emb rc apr 22/01/2016 12:34]