Español English French Kwéyol

Haïti-Politique : Dispersion violente, à plusieurs reprises, le mardi 19 janvier 2016, d’une nouvelle manifestation de l’opposition

Un blessé par balles

P-au-P, 19 janv. 2016 [AlterPresse] --- Une manifestation de l’opposition a été violemment dispersée à plusieurs reprises, à Port-au-Prince, ce mardi 19 janvier 2016, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Un blessé par balles a été enregistré à la Rue du Centre, aux abords de la prison civile de la capitale, plus connue sous le nom de pénitencier national, lors de la mobilisation.

Les manifestantes et manifestants, mobilisés à l’initiative de la table de mobilisation de l’opposition démocratique du Groupe des huit (8) candidats à la présidence (G-8), réitèrent leur détermination à bloquer l’organisation d’un second tour de la présidentielle et des législatives partielles, annoncés pour le dimanche 24 janvier 2016.

Sous forte escorte policière, des milliers de manifestantes et manifestants ont parcouru plusieurs rues de la capitale, en lançant des propos hostiles à l’encontre du président de la république Joseph Michel Martelly, des membres du Conseil électoral provisoire (Cep) et de la communauté internationale.

Une situation de panique a régné au niveau de Lalue /Bourdon, où des pierres ont été lancées un peu partout en direction des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), qui essayaient d’enlever des barricades de pneus usagés enflammés, dressées dans les rues par les manifestants.

Notamment au niveau du carrefour dénommé « Poste Marchand » (angle de l’avenue John Brown / Lalue et de la Rue Borgella), cette tension a contraint certains responsables d’entreprises privées à fermer leurs portes, pour éviter de subir d’éventuels dommages collatéraux.

Les manifestants, très surchauffés et en colère, ont lancé des jets de pierres, après avoir été dispersés, à plusieurs reprises, par les gaz lacrymogènes d’agents de la Pnh.

Plusieurs vitres de véhicules privés ont été cassées, lors de la manifestation, très hostile au pouvoir en place.

Les manifestants se sont servis de tréteaux de marchandes et marchands, ainsi que de poubelles, pour bloquer le passage dans certaines rues.

Plusieurs arrestations ont été effectuées par la police.

« Cette semaine est une semaine de la rébellion contre le régime de Michel Martelly et contre le Cep. La population ne fera pas marche arrière, elle ira jusqu’au bout pour atteindre ses objectifs », déclare le secrétaire exécutif de la plateforme Pitit Desalin, Volcy Assad.

Pitit Desalin appelle la population à poursuivre cette occupation de la rue pour aboutir aux résultats escomptés.

« Il n’y a pas eu d’élections les 9 août 25 octobre 2015. Il ne saurait y avoir d’élections le 24 janvier 2016 », lâche Assad.

Martelly ne restera pas une minute de plus au palais national, après le 7 février 2016, soutient, pour sa part, l’ex député de Léogane, Jean Danton Léger.

Si le Cep poursuit sa tentative périlleuse d’organiser les élections du 24 janvier 2016, la population sera contrainte de se défendre « au nom de la légitime défense », dit Léger.

La manifestation a eu trois points de rassemblement, dont l’un situé à Carrefour Péan (au nord-est de la capitale) et les deux autres à Bel Air et devant les ruines de l’église catholique romaine Saint-Jean Bosco (au bas de la ville de Port-au-Prince).

Les activités commerciales ont été paralysées en divers endroits, notamment au niveau de la Rue Paul VI (plus connue sous le nom de Rue des Casernes) et du Boulevard Jean-Jacques Dessalines (plus connue sou le nom de Gran ri), suite à la dispersion de la mobilisation, qui a terminé sa course devant les ruines du palais national.

Une autre manifestation de l’opposition, organisée le lundi 18 janvier 2016, à Port-au-Prince, a occasionné, après sa dispersion, plusieurs pertes matérielles, dont l’incendie de deux véhicules et des dommages dans deux stations de débit de produits pétroliers. [bd emb rc apr 19/01/2016 16:50]