Haïti-Elections : L’Ue estime « essentiel » de poursuivre le processus à son terme

P-au-P, 5 janv. 2016 [AlterPresse] --- L’Union européenne (Ue) juge qu’« il est à présent essentiel que le processus (électoral) aille à son terme », dans un communiqué de presse en date du 4 janvier, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Ceci permettrait « de doter le pays d’institutions politiques légitimes qui reflètent le choix des citoyens librement exprimé dans les urnes », souligne l´Ue après avoir pris connaissance, dit-elle, des recommandations formulées par la Commission d’évaluation électorale indépendante le dimanche 3 janvier.

L’évaluation menée par la Commission a permis de relever un certain nombre d’irrégularités qui, sans avoir remis en cause les résultats du premier tour, appellent à des mesures correctives pour le prochain scrutin présidentiel, indique-t-elle.

Un examen approfondi de la machine électorale et le remaniement du Conseil électoral provisoire (Cep) sont, entre autres, recommandées par le rapport, qui a été paraphé par 4 commissaires sur 5. Me Gédéon Jean, délégué du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) n’a pas signé le document, car selon lui, l’ampleur des irrégularités exige un recomptage des procès-verbaux.

L’Ue encourage le Cep et les autres autorités haïtiennes concernées à assurer la mise en œuvre des mesures nécessaires pour renforcer la transparence et la confiance de l’électorat en vue de la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle dans le respect des échéances constitutionnelles.

Elle réitère ses engagements et sa détermination « à poursuivre son appui au processus électoral et à continuer à l’accompagner dans les différentes phases, à travers sa mission d’observation électorale et les recommandations et analyses réalisées par cette dernière ».

Entre-temps, l’exécutif et le Cep devraient se rencontrer en urgence, ce 5 janvier pour discuter du deuxième tour de la présidentielle, celui des législatives partielles et des collectivités territoriales dans l’impasse.

Les membres de l’institution électorale ont constaté « qu’il serait très difficile sinon impossible » de réaliser le deuxième tour le 17 janvier, indique le président du Cep Pierre-Louis Opont dans une lettre en date du 4 janvier, adressée au chef de l’État Michel Martelly, suite à la réunion plénière extraordinaire du Cep, tenue à la même date.

Martelly a annoncé, le 1er janvier, qu’il se préparait à convoquer les citoyennes et citoyens aux urnes afin de boucler le processus électoral et respecter l’échéance constitutionnelle du 7 février, après celle de la rentrée parlementaire, le 2e lundi de janvier.[emb vs apr 5/01/2016 08 : 50]