Haïti-Femme : La lutte contre les violences faites aux femmes, entre progrès et défis

P-au-P, 25 nov. 2015 [AlterPresse]--- De nombreux efforts restent à consentir dans la lutte contre les violences faites aux femmes en dépit des progrès constatés, estime la coordonnatrice générale de Kay Fanm (Maison des femmes ), Danièle Magloire, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, ce mercredi 25 novembre 2015.

« On assiste à un certain progrès, ces derniers jours, sur la question de la violence subie par les femmes. Beaucoup plus d’attention est portée sur ce point », relève la militante dans des déclarations à AlterPresse.

Elle souligne que la question des violences sur les femmes fait écho dans la société, notamment au niveau de la presse ainsi que de la police qui prend en compte les femmes violentées, lorsqu’elles font mention des cas d’exactions.

C’est aussi le cas dans différentes études réalisées à caractère national, comme l’Enquête sur la mortalité, morbidité et l’utilisation des services (Emmus), qui a un chapitre spécialement réservé aux femmes.

L’une des principales avancées, qui revêt une grande importance, c’est qu’il y a de plus en plus de gens qui savent quel comportement adopté après un cas de viol, se réjouit Magloire.

Une personne violée sait comment réagir pour éviter de tomber enceinte ou encore d’être atteinte du Syndrome immuno-déficitaire acquis (Sida) et d’autres maladies sexuellement transmissibles, fait-elle remarquer.

Toutefois, ces avancées sont loin d’être satisfaisantes, puisque beaucoup de femmes sont victimes de violences, surtout les mineures qui représentent 70% des cas d’agressions sexuelles recensées par Kay Fanm.

Cette situation, très grave, montre la vulnérabilité des enfants face à ce fléau, déplore-telle.

La Société d’animation et de communication sociale (Saks) et le Réseau des femmes des radios communautaires haïtiennes (Rezo fanm radyo kominotè ayisyen / Refraka) ont rendu public un rapport réalisé par l’Association mondiale pour la communication chrétienne (Wacc) sur l’inégalité de genre.

Le Global media monitoring project (Gmmp) constate aujourd’hui combien les femmes ont deux fois plus de chance de se révéler comme victimes, à travers les nouvelles, comparativement aux dix années précédentes.

De 1995 à 2015, les recherches effectuées montrent que la balance est déséquilibrée et qu’il n’y a pas eu de progrès concernant la présence des femmes dans la vie des médias.

« La violence à l’égard des femmes est si répandue que chacun d’entre nous peut faire quelque chose pour la combattre. Nous devons unir nos forces pour faire disparaître ce fléau, promouvoir une égalité pleine et entière entre les sexes et édifier un monde, dans lequel les femmes et les filles seront en sécurité, comme chacune d’entre elles le mérite et pour le bien de l’humanité toute entière », recommande le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Sud-coréen Ban Ki-moon, dans un message de circonstance.

« Faisons la prévention de la violence faite aux femmes et aux filles » : tel est le thème, retenu, en Haïti, en 2015, pour marquer une quinzaine d’activisme, prévoyant une douzaine d’activités allant du mercredi 25 novembre au jeudi 10 décembre 2015 dans les 10 départements du pays.

Cette série d’activités est réalisée par le gouvernement haïtien, via le Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes, (Mcfdf), de concert avec les agences onusiennes, telles la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), Onu femmes, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) et le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) en Haïti.

Ces rencontres seront suivies de la signature d’un « protocole d’engagements pour la prévention de la violence basée sur le genre », le 10 décembre 2015, qui marquera la clôture des activités.

La commémoration de cette date est extrêmement importante pour mettre en lumière la question de la violence sur les femmes.

Cependant, après avoir posé les problèmes, il faut que des mesures concrètes soient adoptées, souhaite Danièle Magloire.

Kay Fanm s’est donnée pour objectif principal, cette année 2015, à l’occasion de journée internationale de l’élimination de la violence faite aux femmes, de débattre et de réfléchir sur les stratégies de lutte les mieux appropriées, qui prennent en compte les moyens financiers et les ressources du milieu.

Le défi à relever, dans ce cas, c’est l’élaboration d’un plan national, validé par l’État haïtien et qui doit se réaliser dans un temps déterminé, avec des budgets adéquats correspondant aux besoins réels de la société. [nj emb gp apr 25/11/2015 16:20]