Haïti-Politique : Sandra Honoré dans le collimateur de plusieurs organisations universitaires et sociales

P-au-P, 19 nov. 2015 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations universitaires et sociales s’élèvent contre le démenti apporté par la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies, la Trinitéenne Sandra Honoré, en ce qui concerne l’implication du bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (Unops), dans des fraudes électorales, lors des scrutins du 25 octobre 2015.

Cette action frauduleuse constitue une vaste manipulation, jamais orchestrée dans l’histoire des élections durant ces 30 dernières années, déplorent ces organisations, dans une lettre ouverte adressée à la cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), en date du lundi 16 novembre 2015, et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ces organisations et personnalités manifestent leur doute par rapport à la sincérité du démenti, apporté par la représentante, quelques jours après les révélations de Antoine Rodon Bien-Aîmé, député élu à Cerca Carvajal/Quartier de los Palis (département du Plateau Central) sous la bannière du Parti haïtien tèt kale (Phtk) au pouvoir sur l’implication de l’Unops dans les fraudes et irrégularités, enregistrées dans les élections haïtiennes du dimanche 25 octobre 2015.

Ces actes auraient été planifiées avec des étrangers, dont un ressortissant canadien, chargé, pour le compte de l’Unops, de recevoir les procès-verbaux dans les départements et de les transporter au Centre de tabulation (Ctv), selon le député Bien-Aîmé, élu dès le premier tour des législatives controversées du 9 août 2015.

« Les agissements et les prises de position de l’ensemble des agences, que vous représentez, à travers la Mission des Nations Unies, ne peuvent que nous inciter à douter de l’honneur de votre parole », affirment-elles.

En guise d’illustrations, mises en avant par ces organisations et personnalités, figurent l’introduction de la maladie du choléra en Haïti, par les soldats népalais en octobre 2010, toujours niée par la mission, malgré les évidences scientifiques innombrables et irréfutables de plusieurs prestigieux instituts de recherche à travers le monde.

De 2007 à nos jours, les organisations de défense des droits humains ont dénombré, officiellement, plus de 70 cas d’agressions sexuelles commises par des membres de la Minustah, indiquent-elles.

Comment passer sous silence les élections du 9 août et celles du 25 octobre 2015, pour lesquelles vous apportez le démenti de participation aux fraudes ?, s’interrogent-elles.

Ces organisations universitaires et populaires, dont le Cercle d’étude en littérature gramscienne (Sèk Gramsci en Créole), le Groupe de recherche et d’appui au développement des collectivités territoriales (Grad), le Mouvement de liberté et d’égalité des Haïtiens pour la fraternité (Moleghaf) et le Mouvement démocratique populaire (Modep) projettent d’entamer toute une série d’actions de mobilisation dans le pays contre les diverses dérives recensées dans le pays.

Plusieurs dizaines d’étudiants et d’étudiantes de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) ont manifesté, le mercredi 18 novembre 2015, dans les rues de Port-au-Prince, pour exiger le respect du verdict populaire dans le cadre des élections législatives et présidentielle du 25 octobre 2015 et dénoncer tout complot du président Michel Martelly ainsi que de ses partisans.

Des manifestations anti-gouvernementales se poursuivent, depuis deux semaines, dans les rues de Port-au-Prince, pour dénoncer les résultats de la présidentielle, considérés comme frauduleux, et pour demander le départ de l’équipe au pouvoir.

Une manifestation de l’opposition, organisée le 18 novembre 2015, à l’occasion du 212e anniversaire de la bataille de Vertières, pour réclamer une évaluation indépendante des résultats de la présidentielle du 25 octobre dernier, a été violemment dispersée à Pétionville (municipalité à l’est de la capitale) par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Les candidats à la présidence, Steven Irvenson Benoît et Jean-Charles Moïse, ont été blessés, dans l’après midi du 18 novembre 2015 à Pétionville, au cours de cette manifestation de plusieurs milliers de personnes.

Parmi les autres personnes blessées, figure un étudiant de l’Université d’Etat d’Haïti, Rudy Clément, rapportent des membres de la plateforme politique Pitit Desalin. [jep emb rc apr 19/11/2015 12:10].