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Haïti-Environnement : Le Cjm appelle à surseoir aux démarches visant à reprendre les exploitations minières

P-au-P, 1er nov. 2015 [AlterPresse] --- Le Collectif justice sur les mines (Cjm) encourage les autorités concernées à surseoir aux démarches, visant à reprendre les exploitations minières dans le pays, lors d’une conférence-débat organisée le vendredi 30 octobre 2015.

Il y a une désinformation, du côté des compagnies exploitantes, sur les retombées économiques réelles de cette exploitation, indique le responsable du Mouvement démocratique populaire (Modep) et également membre du Cjm, Nickson Boumba, lors de cette conférence-débat, réalisée autour du thème « l’expérience d’Haïti dans l’exploitation minière » et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Ces compagnies exploitantes prétendent que cette exploitation va générer des richesses et les candidats font aussi, de cette initiative, l’une des stratégies de leur plan de développement.

Ces compagnies qui veulent maximiser leurs profits, ne soumettent pas de données fiables à l’Etat haïtien, parce qu’elles lui fournissent des chiffres différents de ceux fournis aux bailleurs de fonds, met en garde le Cjm.

Les compagnies ont estimé les ressources minières, en Haïti, entre 20 à 25 milliards de dollars américains (US $ 1.00 = 56.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui) sur les 25 prochaines années, à raison d’1 milliard de dollars américains par année, une somme inférieure à celle fournie par la diaspora haïtienne, qui est évaluée à 2 milliards de dollarsi américains.

« Même l’État haïtien n’est pas en mesure de donner les valeurs réelles de ces richesses. Il y a 3 catégories de mines : mines métalliques, énergétiques et les carrières », explique le Cjm, dénonçant une mystification de la portée économique réelle des exploitations minières en Haïti.

« L’exploitation minière va avoir un impact négatif sur l’environnement, en détruisant les nappes phréatiques, les faunes et les flores dont la couverture végétale est estimée à moins de 2% », avertit le Cjm.

De plus, cette exploitation va générer des maladies de la peau, des malformations congénitales et des chômages au niveau de la population.

Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé un éventuel décret gouvernemental sur la loi minière, pour remplacer le décret de 1976.

Cet avant-projet de loi minière, élaboré avec le concours de la Banque mondiale (Bm), contiendrait des lacunes, susceptibles de mettre l’environnement du pays en péril et d’entraver l’État, a relevé l’organisation Oxfam, dans une note en date du jeudi 20 août 2015.

Les responsables du Collectif justice sur les mines demandent aux responsables d’évaluer les ressources minières, avant toute démarche d’exploitation, pour voir comment il serait possible de diminuer les impacts et d’exploiter d’autres mines qui n’auront pas de répercussions sur la santé, l’environnement et la vie de la population.

La conférence-débat du 30 octobre 2015 a été l’occasion pour les organisateurs de présenter un documentaire de 42 minutes, réalisé durant 3 mois, à travers 4 départements du pays - le Nord, le Nord-Ouest, l’Artibonite et l’Ouest, où se trouve la capitale Port-au-Prince -, pour montrer comment les gens de ces communautés vivent ce processus.

Par cette activité, le Cjm entend sensibiliser la population sur les aspects négatifs de l’exploitation des ressources minières. [bd emb rc apr 1er/11/2015 12:00]