Haïti-Histoire : Une veillée patriotique et culturelle en mémoire du guérillero Charlemagne Péralte

P-au-P, 1er nov. 2015 [AlterPresse] --- Une veillée patriotique et culturelle a eu lieu, le vendredi 30 octobre 2015, sur la place Sainte-Rose de Lima dans la commune de Grande Rivière du Nord, en mémoire du guérillero Charlemagne Péralte, à l’occasion du 96e anniversaire de sa mort (31 octobre 1919 – 31 octobre 2015), a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Organisée par l’Initiative pour mettre sur pied un mouvement patriotique populaire (en créole : Inisyativ Mpdp), cette cérémonie symbolique - à forte dose d’anti-impérialisme et d’anti-occupation - vise à sensibiliser la population sur les mauvaises conséquences économiques, politiques, sociales et culturelles de l’occupation et la domination des forces étrangères, spécialement celles des États-Unis d’Amérique, sur Haïti.

Après la première occupation américaine d’Haïti, en juillet 1915, une deuxième intervention américaine a eu lieu en Haïti en 1994, suivie, en 2004, du déploiement dans le pays de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Des chansons engagées et des numéros de chorégraphie ont rehaussé l’éclat de la cérémonie à laquelle ont assisté quelques centaines de personnes.

Torse nu, certains des artistes présents portaient des jeans mis à l’envers alors que les femmes étaient vêtues de robe blanche en la circonstance.

Dans un récital de textes poétiques engagés, les artistes ont dénoncé la poursuite de l’occupation du pays et l’attitude complice du pouvoir en place.

Un artiste engagé, Kéber Bastien, de son nom d’artiste Kerb, a émerveillé le public avec des chants épiques portant sur l’occupation américaine d’Haïti et l’assassinat de Charlemagne Péralte.

La foule en liesse, qui assistait au spectacle, chantait à l’unisson les refrains.

« Père Dessalines n’est pas mort, Jean Anil Louis Juste (professeur de la Faculté des sciences humaines, assassiné le 12 janvier 2010) n’est pas mort, Charlemagne Péralte n’est pas mort, il est présent dans nos esprits. Ce sont les bandits, les voleurs et les Conzé qui sont morts », clame Bastien, appuyé par le public, composé, en majeure partie ; d’enfants et de jeunes.

Duval Péralte, cousin de Charlemagne Péralte, opposant farouche à la première occupation d’Haïti en 1915, envisage de déposer une plainte contre le gouvernement américain, à travers un tribunal symbolique, qui se tiendra à Port-au-Prince au début du mois de décembre 2015.

« Charlemagne Péralte n’est pas mort sur le champ de bataille. Il a été lâchement assassiné par son propre cousin, Jean Baptiste Conzé », affirme Duval Péralte, qui exige un dédommagement pour la famille Péralte de la part des Américains, responsables de l’assassinat du chef de l’armée des cacos, le 31 octobre 1919.

« Lors du débarquement de l’armée américaine en 1915, les Américains avaient aboli l’armée indigène pour former leur propre armée. Charlemagne Péralte n’acceptait pas une telle décision. Les américains ont détruit la production nationale ainsi que des usines... Charlemagne Péralte s’opposait à de tels actes », indique-t-il.

Les Américains ont réinstauré la corvée pour la faire devenir une loi esclavagiste, forçant les Haïtiens à travailler, de jour comme de nuit, en vue de la construction de chemins de fer visant à relier les départements entre eux, rapporte-t-il.

Diverses autres activités, pour marquer le 96e anniversaire de l’assassinat de Charlemagne Péralte, ont été réalisées dans les départements du Nord et du Nord-Est. [jep emb gp apr 1er/11/2015 11:10]