P-au-P, 27 oct. 2015 [AlterPresse] --- De multiples accrocs au respect du vote ont été relevés lors du déroulement des élections législatives, municipales et la présidentielle du dimanche 25 octobre 2015, par une coalition d’observation intégrée par plusieurs organisations de la société civile.
Plusieurs observateurs jouaient le rôle des mandataires et vice-versa durant la journée électorale, constate Vilès Alizar, responsable de programme du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), lors d’une conférence de presse à laquelle a assisté, ce 27 octobre 2015, l’agence en ligne AlterPresse.
Le taux de participation de l’électorat est estimé à 25%, indique-t-il, dénonçant des cas de bourrages d’urnes, de manière systématique, dans certains bureaux de vote.
Des mandataires de plusieurs partis politiques ont voté plusieurs fois à cause de la rotation de ces derniers, qui n’était pas respectée comme prévu, déplore-t-il.
Les centres de vote étaient bien alimentés en matériels électoraux à 95%, rapporte Édouard Paultre, un des responsables du Conseil haïtien des acteurs non étatiques (Conhane).
Faisant mention du secret du vote qui n’était, selon lui, pas respecté, il critique les infrastructures d’accueil, pour les électrices et électeurs, qui ne leur ont pas permis d’effectuer le vote en toute intimité.
De plus, les bureaux de vote n’ont pas été dans le standard de la région caribéenne, parce qu’ils ont été choisis n’importe comment et placés n’importe où, regrette-t-il.
Les membres des centres de votes et la majorité des agents du Conseil électoral provisoire (Cep) n’étaient pas identifiées, fustige Édouard Paultre.
La veille du 25 octobre 2015, le Conseil électoral a pris la décision d’interdire à l’Unité nationale pour le développement appliqué (Unada) d’observer les élections du 25 octobre 2015, alors qu’il a quand même été présent lors des opérations, condamne-t-il.
Ce fut aussi le cas du Centre d’observation et de formation électorale (Cofe), ainsi que de la Ligue haïtienne d’action civique et morale (Lhacim).
Des cartes d’accréditation de ces différentes organisations étaient sur le marché au prix de 1,500.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 55.00 gourdes ; 1 euro = 65.00 gourdes aujourd’hui), rapporte Marie Yolène Gilles du Rnddh.
Certains partis politiques possédaient des cartes d’observateurs. Des cartes de mandataires étaient photocopiées partout dans divers coins du pays, dénonce-t-elle.
La coalition d’organisations regroupant le Conhane, le Rnddh et le Conseil national d’observation électorale (Cno) appelle le Cep à communiquer le protocole qui règlemente le fonctionnement du Centre de tabulation.
Ce centre, où s’effectue le décompte des voix, est redouté par des secteurs politiques, qui critiquent le manque de transparence dont aurait fait montre, dans le passé, cette structure.
Le Cep doit aussi partager le mode de recrutement des avocats vérificateurs, qui sont là pour traiter les procès-verbaux dans le Centre de tabulation, communiquer la procédure et le motif de la mise en quarantaine des procès-verbaux, et éclaircir le sort réservé aux votes blancs, exigent les organisations.
L’institution électorale doit vérifier toutes les informations concernant les électeurs qui ont voté en dehors de la liste d’émargement, recommandent-elles. [nj emb gp apr 27/10/2015 16:00]