Haïti-Economie : Hausse des prix des denrées au Plateau Central suite à l’interdiction d’importation terrestre de 23 produits dominicains

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 9 oct. 2015 [AlterPresse] --- Une hausse des prix des denrées est observée au Plateau Central (est du pays), suite à l’interdiction d’importation de 23 produits dominicains par voie terrestre sur le territoire haïtien.

Cette augmentation sur le marché local concerne, entre autres, les prix des produits de première nécessité et des matériaux de construction, selon des informations recueillies par AlterPresse.

Le sac de farine de 110 livres est passé en moins de deux semaines de 1, 700 gourdes à 1, 850 gourdes alors que le sucre brun est passé de 850 gourdes à 950 gourdes pour un sac de 55 livres.

Un sac de ciment gris qui valait 325 gourdes coûte, à présent, 350 gourdes tandis que la feuille de tôle qui se vendait, il y a de cela un mois, à 195 gourdes, est passée à 225 gourdes.

Le sac de pois de 110 livres est passé de 2, 000 gourdes à 2, 050 gourdes.

Le sac de riz de 55 livres, estimé à 900 gourdes, a atteint la barre de 1, 000 gourdes, tandis le blé est passé de 1, 200 gourdes à 1, 250 gourdes pour un sac de 55 livres.

Les prix des produits qui ne sont pas concernés par la mesure d’interdiction prise par les autorités haïtiennes ont aussi connu une augmentation, notamment ceux des boissons gazeuses auxquels sont ajoutés 5 à 10 gourdes.

« C’est dégueulasse ! Se rendre au Cap Haïtien ou à Port-au-Prince pour se procurer des marchandises venant de la République dominicaine fait augmenter nos dépenses et les consommateurs paieront également le prix », se plaint un propriétaire de magasin.

Les autorités haïtiennes auraient dû mettre en place des mécanismes pour contrôler les lignes frontalières et mettre de l’ordre dans les services douaniers au lieu de prendre des mesures qui pourraient se révéler contre-productives, déplorent des commerçantes et commerçants interrogés par l’agence en ligne AlterPresse.

L’interdiction de 23 produits dominicains par voie terrestre encouragerait davantage la contrebande, selon eux.

Cette situation affecte les zones frontalières de Boc Banic, de Tilory et de La Miel dans l’arrondissement de Cerca-la-Source.

Une commerçante de produits de première nécessité, Joanne François, dit être choqué par la décision d’interdiction prise par le gouvernement haïtien.

« Ce sont les riches qui vont pouvoir bénéficier de cette mesure d’interdiction », croit-elle.

Le gouvernement a le droit d’adopter des mesures qu’il juge nécessaires pour le bon fonctionnement de l’économie, mais si cela va à l’encontre de l’intérêt de la majorité de la population, cette décision devrait être révisée automatiquement, réagissent la Ligue pour la défense et le respect des droits de l’homme et le mouvement « Utopia Ayiti ».

« Aucune mesure ne devrait porter atteinte à la dignité des membres de la population », soulignent-ils, demandant au gouvernement de garantir la sécurité sociale en faveur de toutes les citoyennes et de tous les citoyens.

L’Association des économistes haïtiens (Aeh) et le Collectif 4 décembre expriment leur appui à la décision prise par le Ministère de l’économie et des finances (Mef), interdisant l’importation, en provenance du territoire voisin, de 23 produits par voie terrestre.

Cette décision est bénéfique et même rentable pour l’économie haïtienne, estime l’économiste Eddy Labossière, président de l’Aeh. L’Etat aura un contrôle sur les produits, ce qui permettra de générer des fonds, avance-t-il. Il souhaite que le gouvernement en fasse une bonne gestion pour le développement durable de l’économie haïtienne. [ro emb gp apr 09/10/2015 13 : 20]