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Haïti-Etats-Unis : Pamela Ann White dresse un bilan positif de son mandat, la veille de son départ

P-au-P, 27 août 2015 [AlterPresse] --- L’ambassadrice américaine en Haïti, Pamela Ann White, a dressé, ce jeudi 27 août, un bilan positif de son parcours en tant que titulaire du poste d’ambassadeur pendant trois ans dans le pays, apprend AlterPresse.

La première fois qu’elle était venue en Haïti, c’était en 1985, en tant que « junior professor » à l’agence américaine de développement (Usaid), confie-t-elle lors d’une rencontre avec des journalistes, dont un reporter d’AlterPresse.

En fin de mandat comme ambassadeur, Pamela White soutient que ces trois dernières années ont été parmi les plus « fructueuses » et les plus « frustrantes » de sa carrière.

Elle affirme avoir travaillé pour éviter la dissolution du Parlement, ce qui n’a pas marché.

Elle se dit heureuse de voir que le premier tour des élections se sont déroulées, et que les résultats, bien que non parfaits, sont acceptables.

« Mais nous avions enfin les élections. Pas parfaites, mais des élections. Je suis certaine que le deuxième tour sera mieux que le premier », tente-t-elle de rassurer.

Pamela Ann White regrette par ailleurs de n’avoir pas travaillé assez avec les femmes.

Elle croit en outre que c’est le secteur privé qui va changer le pays et non le secteur public.

Elle prévient aussi que les gens ne vont pas investir dans un pays où il y a des problèmes.

Les États-Unis ont investi des millions de dollars en électricité, dans les usines, le logement et ne veulent pas perdre tous ces investissements, dit-elle.

La complexité des politiciens haïtiens

Au bout de ces trois ans, Pamela Ann White estime qu’il est complexe de comprendre le politicien haïtien.

« Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il y a dans la tête de certains politiciens. C’est à vous les journalistes de poser les questions, de savoir ce qu’ils veulent pour le pays », lâche-t-elle.

Elle critique le nombre de politiciens et surtout de candidats à la présidence actuellement. Les partis politiques ne sont pas très bien organisés, surtout les petits partis qui sont très difficiles à comprendre, estime-t-elle.

Les États-Unis s’inquiètent des relations économiques haitiano-dominicaines

Au niveau de la frontière, Pamela White croit que la situation est grave en ce qui a trait à la paralysie récente du transport de marchandises de la République Dominicaine vers Haïti.

A ce sujet, elle a rencontré plusieurs personnalités, notamment le premier ministre Evans Paul, le ministre du commerce et de l’industrie, le ministre de l’intérieur, le ministre de la justice et l’ambassadeur des États-Unis en République Dominicaine.

« Presque tout le monde nous a dit que cette situation est grave. Je veux souligner que les dirigeants dominicains et haïtiens doivent résoudre cette situation le plus tôt possible pour éviter des pertes dans une guerre économique importante que nous avions connue au cours de ces dernières années », dit-elle.

Pamela White affirme d’un autre coté que le pays peut avoir une croissance économique de 3.5 en 2015.

Peu à peu tout change, ajoute-t-elle.

« Mais Haïti ne peut pas se payer le luxe de perdre des emplois dans le secteur privé et c’est exactement ce qui va se passer si cette situation n’est pas réglée, aujourd’hui. Demain sera trop tard », présage l’ambassadrice américaine.

Cela fait trois semaines depuis qu’il y a cette grève des chauffeurs dominicains.
Pour pallier cette situation, le gouvernement haïtien a dit vouloir assurer la sécurité des transporteurs dominicains. [jep kft gp apr 28/08/2015 15 :20]