A travers Haiti

Haïti-Justice/Jacmel : L’étudiant Wesnel Jeudy dépose une plainte contre l’ancien sénateur Joseph Lambert, pour « tentative d’assassinat »


samedi 27 juin 2015

Correspondance Gerdy Jérémie

Jacmel, 26 juin 2015 [AlterPresse] --- Accompagné de ses avocats, l’étudiant Wesnel Jeudy, 27ans, étudiant en communication sociale à la Faculté des sciences humaines (Fasch) de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), a déposé une plainte, pour « tentative d’assassinat et association de malfaiteurs », le vendredi 25 juin 2015, au greffe du parquet près le tribunal de première instance de Jacmel (Sud-Est), contre l’ancien sénateur de la 49e législature haïtienne, « Joseph Lambert et consorts », apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Joseph Lambert, actuel conseiller du président Joseph Michel Martelly, garde le silence quant à l’accusation d’ agression physique sur le jeune étudiant.

Wesnel Jeudy aurait pris position contre certaines pratiques « électoralistes, populistes totalitaires », lors d’une rencontre politique, dans l’après-midi du mercredi 24 juin 2015, à Coq Chante (localité de Jacmel), à laquelle participait l’ancien parlementaire, aujourd’hui candidat au sénat du Parti haïtien Tèt kale (Phtk).

« J’ai été poursuivi par des agents de sécurité de Joseph Lambert. J’ai eu de justesse la vie sauve, après avoir essuyé des coups et blessures », déclare à la presse du Sud-Est Wesnel Jeudy, qui se présente comme « un avant-gardiste » dans sa communauté.

La mère de Wesnel Jeudy, qui assistait à la rencontre du 24 juin 2015, à Coq Chante, aurait été, elle aussi, victime d’agression physique de l’ancien sénateur.

« Joseph Lambert m’a violement frappé à la tête avec son arme à feu, parce que j’ai osé questionner ses agissements comme candidat, qui, dans un contexte de campagne électorale, essaie d’acheter le vote des électrices et électeurs en distribuant des billets (de l’argent) et des kits alimentaires à un groupe d’habitantes et d’habitants, dans la localité Nabot, section communale haut Coq Chante (dans la commune de Jacmel) », explique Jeudy, qui qualifie son agression de « manipulation et d’atteinte à la dignité de la personne humaine ».

Il fustige le comportement de ces politiciens qui, d’après lui, se serviraient, de façon éhontée, de la misère du peuple pour faire de fausses promesses et pour retirer un capital politique.

Alors que Joseph Lambert s’enferme dans un mutisme, face à ces accusations, son frère Wencesclas Lambert - qui n’était pas présent sur les lieux de l’incident - déclare que son aîné n’aurait jamais intenté à la vie de Wesnel Jeudy.

Exposant sa version des faits du mercredi 24 juin 2015, Anis Bellevue, l’un des organisateurs de cette rencontre, soutient que Wesnel Jeudy aurait été « le premier à agresser Joseph Lambert, lui aurait sauté dessus et lui aurait pris au collet. Joseph Lambert n’aurait même pas eu le temps de réagir, avant des participants à la rencontre qui auraient frappé Wesnel Jeudy ».

Reynold Jean-Paul, coordonnateur départemental du Phtk, indique que « Wesnel Jeudy n’a jamais agressé physiquement Lambert ».

Ce serait, plutôt, « la population qui a frappé l’étudiant ».

Des responsables d’entités politiques du Sud-Est, notamment de l’Organisation du peuple en lutte (Opl), du Mouvement populaire dessalinien (Mopod) et de Pitit Desalin, montent au créneau pour fustiger le comportement du conseiller politique de Martelly.

Ils dénoncent ce qu’ils appellent un « climat de peur », que voudrait instaurer Joseph Lambert, dans le département du Sud-Est, à l’approche des prochaines législatives, annoncées pour le dimanche 9 août 2015.

Ces dirigeants politiques appellent les autorités judicaires du Sud-Est à mettre l’action publique en mouvement contre Joseph Lambert.

L’année dernière, la justice de Jacmel a blanchi le sénateur d’alors Wencesclas Lambert, qui était accusé de voies de fait, le 9 août 2014, sur l’étudiant Daniel Théodore de la faculté d’agronomie de l’Université publique du Sud-Est de Jacmel (Upsej).

Des interrogations pèsent sur des initiatives de propagande électorale, déjà orchestrées par certains candidats, avant l’ouverture officielle de la période de campagne électorale, sanctionnées dans le décret électoral.

Des sanctions seront appliquées contre tous candidats qui se lanceraient dans des activités de campagne électorales, avant la période de campagne officielle, ne cesse point de rappeler le Conseil électoral provisoire (Cep). [gj rc apr 26 /06/2015 15:00]