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Haïti : Religion pour la paix dénonce les violences anti-religieuses et la déroute sociale

P-au-P, 12 mars 2015 [AlterPresse] --- Les membres de la plateforme religieuse, Religion pour la paix, dénoncent une nouvelle fois les divers cambriolages, accompagnés de violences de toutes sortes, perpétrés contre des espaces et des personnages religieux, ainsi que la déroute sociale qu’ils indiquent.

La dernière attaque remonte à la nuit du 4 au 5 mars 2015 chez les sœurs de Verettes (Artibonite, Nord). Dans le cadre de ce dossier 7 individus, présumés cambrioleurs, ont été arrêtés et incarcérés environ 24 heures après.

Des matériels ont été emportés dans ce cas et les religieuses ont été « brutalisées et violentées », déplore le prélat de l’Église catholique romaine, Pierre André Dumas, au cours d’une conférence de Religion pour la paix le 11 mars.

Ces « actes de méchanceté » réveillent chez la communauté religieuse « de l’indignation et de la révolte », souligne Pierre André Dumas, qui indique que déjà 50 cas semblables sont répertoriés de novembre 2014 à mars 2015.

« Les autorités nous demandent de leur fournir des pistes », critique Dumas qui juge que « c’en est trop » et qu’il faut dire « halte » à ce genre d’actions.

« C’est en fait de l’irresponsabilité », de la part des gouvernants, dixit la mambo Euvonie Auguste.

« Il y a trop de laisser-aller », tandis qu’ « aucune suite n’est donnée aux (à nos) préoccupations », s’indigne Euvonie Auguste.

Attaquer continuellement des religieuses et des religieux prouve que la société haïtienne prend la « route du chaos et du désarroi », déclare l’Imam Abou Jahman, de confession musulmane.

D’après Abou Jahman, des limites sont donc franchies : « on attaque les barrières et les garde-fous » une première « étape dans la destruction sociale », une voie qui ne reflèterait pas l’idéal haïtien.

Il invite les citoyens avisés à ne pas considérer ces actes comme de simples faits isolés, mais comme le « début d’une systématisation ».

Pour l’évêque Ogé Beauvoir, de l’église anglicane, ces infractions sont la manifestation « d’un symptôme de l’état de la société haïtienne ».

En clair le pays est en plein « dans une crise sociétale », ajoute Ogé Beauvoir, et cela constituerait « le temps idéal pour poser les bases d’une reconstruction du pays », juge Monseigneur Beauvoir, déplorant « l’échec de leadership » dans le pays.

Le pasteur Clément Joseph estime que ce degré de violence ne peut « qu’augmenter le niveau de misère dans le pays ».

Il appelle à la cessation de toutes les formes de violence sur les Haïtiens et les Haïtiennes, notamment les plus faibles.

La plateforme invite les citoyennes et les citoyens à « s’inquiéter » face à ce genre de violations et croit que « chacun doit contribuer à barrer le chemin à la violence ».

Elle appelle tous les secteurs à apporter leur contribution respective, car ce qui frappe la communauté religieuse aujourd’hui pourrait devenir la préoccupation d’autres demain.

Elle dénonce également la « banalisation de la violence et de la vie » affichée dans la société. [apr 12/3/2015 06:00]