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Haïti-Elections : La Cellule de réflexion et d’action nationale alerte sur de multiples poches d’insécurité

P-au-P, 02 mars 2015 [AlterPresse] --- La Cellule de réflexion et d’action nationale (Cran) tire la sonnette d’aalrme concernant l’insécurité, attisée, ces derniers temps, par les intérêts politiques, dans une prise de position publique, en date du 1er mars 2015, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« La violence et l’insécurité figurent parmi [les] moyens », utilisés par de nombreux politiciens pour garder le pouvoir ou écarter leurs adversaires, signale la Cran.

Se disant « préoccupée au plus haut degré » par le climat délétère en cours, la Cran appelle à un véritable plan global de sécurité, notamment dans la perspective des différents scrutins attendus durant l’année 2015.

Les quartiers Simon et Pelé de Cité militaire ainsi que certaines zones de Cité Soleil (au nord de la capitale) sont dans une situation de conflit entre gangs armés rivaux.

A l’origine de ces affrontements armés, des politiciens qui distribueraient des munitions et de l’argent aux chefs d’organisations criminelles, dans la perspective des prochaines élections prévues cette année.

« Dans le pays, il y a des zones où la police ne peut pas entrer comme à Pestel (Grande Anse, une partie du Sud-Ouest). Ailleurs, des politiciens installent des groupes armés, comme dans le Nord-Est, dans la Grande Anse, dans le Sud-Est ou dans l’Artibonite. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres », relève la Cellule de réflexion et d’action nationale.

Face à cette situation, la Police nationale d’Haïti (Pnh) ne tenterait pas de contrôler ces zones, mais utiliserait les bandits pour avoir des informations favorisant, éventuellement, le tissage de liens de complicité , dénonce la Cran.

Alors que, pour le carnaval 2015, 8 mille sur les 12 mille policiers nationaux, dont dispose le pays, ont été mobilisés pour la sécurité, les quartiers Simon et Pelé ne disposent même pas d’un sous-commissariat de police, dénonce la Cran.

« La population terrorisée vit dans la peur, des gens sont obligés de quitter les zones où ils habitaient. A part les assassinats, il y a les braquages, les menaces et fouilles par des gens armés, et les vols », décrit l’organisme.

En plus d’un « plan de sécurité réaliste et efficace » de la part du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), la Cran appelle aussi le Conseil électoral provisoire (Cep) à s’assurer que l’outil légal - en préparation pour l’organisation des élections - soit à la hauteur de la situation volatile actuelle. [apr 02/03/2015 10:25]