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Haïti-Elections : Les critiques des partis sur leur première rencontre, pour le moins houleuse, avec le Cep

P-au-P, 28 févr. 2015 [AlterPresse] --- Certains représentants de partis politiques ont critiqué le manque de méthodologie d’animation et de planification concernant l’agenda, lors de la première rencontre tenue le jeudi 26 février 2015, avec les conseillers électoraux, observe AlterPresse.

Une situation, qui a occasionné une atmosphère tendue entre les différents participants, au point que certains d’entre eux hurlaient leur mécontentement.

Il a fallu l’intervention de Me. Néhémie Joseph pour calmer l’ardeur des participants, dans une salle bondée de personnalités, dont les divergences idéologiques se mêlaient avec l’enthousiasme pour les prochaines joutes électorales.

Très mécontent, l’ex-sénateur Yvon Feuillé, représentant du parti Fanmi Lavalas, met l’accent sur le fait qu’il y a eu un manque de préparation pour cette rencontre avec tous les acteurs dans le cadre du processus électoral.

Le représentant du parti Fanmi Lavalas situe sa participation dans la logique de discuter avec le Conseil électoral provisoire (Cep), afin de partager sa vision avec les autres partis politiques pour voir si le processus peut être crédible.

Il souligne le fait que la préparation d’un registre électoral fiable prendra au moins trois mois de travail, dans la mesure où ce Cep ne veut pas organiser une élection bâclée.

Lavalas propose qu’il y ait en octobre 2015 les élections législatives et la présidentielle, que le second tour se déroule en décembre 2015, histoire de ménager le budget des partis politiques, argue-t-il.

Pour l’ex-député des Gonaïves, Sadrack Dieudonné, le Cep a déjà proposé et acheminé à l’Exécutif l’avant décret-loi électoral, sans l’opinion des partis politiques.

Il exige, par ailleurs, que le Cep reprenne le processus de désignation des membres des Bureaux électoraux départementaux (Bed) et des Bureaux électoraux communaux (Bec), à cause des irrégularités dénoncées.

« Parce que ce sont les Bed et les Bec qui sont l’épine dorsale, le fer de lance de la machine électorale. Ce sont des officiels, dans le palais national, qui les avaient proposés. Ils ne peuvent pas organiser des élections avec des gens qui ne sont pas crédibles. Ils doivent reprendre le processus. Sinon, ils ne font que construire un terrain miné, qui conduira vers la contestation et vers l’instabilité politique », craint l’ex-député Dieudonné.

Sadrack Dieudonné relève, en outre, des réserves par rapport au calendrier électoral proposé.

Toutefois, la conseillère électorale Yolette Mengual entend se donner un satisfecit pour la participation des partis politiques à la rencontre du 26 février 2015.

Le Cep reste ouvert aux partis qui n’étaient pas présents lors de cette première rencontre, affirme-t-elle.

Par rapport à la vague de contestations, qui planent sur les Bed et les Bec, le Cep aurait déjà identifié un total de 11 Bec, dont les dirigeants nommés sont contestés.

En conséquence, « plusieurs délégations de conseillers se rendront dans les départements, où il y aurait des contestations. Après évaluation, le conseil saura quoi décider », indique-t-elle. [jep kft gp apr 28/02/2015 12:15]