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Haïti-Grève générale : Impact sur l’économie

P-au-P, 09 fév.2015 [AlterPresse] --- La grève générale de deux jours, initiée ce 9 février en Haiti pour exiger la baisse des prix du carburant, aura un impact important sur l’économie du pays, selon le professeur Eddy Labossière, président de l’Association des économistes haïtiens (Aeh).

« La réduction des activités économiques » durant ces deux journées, ne laissera pas indemne l’économie du pays, souligne l’économiste, car « on ne peut pas remettre à demain une journée d’activités économiques perdue ».

La zone métropolitaine de Port-au-Prince est complètement paralysée. L’ensemble des circuits de transports publics n’est pas desservi et seuls quelques véhicules de services et des patrouilles de la police sont constatés dans les rues vides.

Le mouvement de grève affecte la plupart des branches d’activités, y compris l’administration publique, le commerce, les écoles, les banques et autres services.

La situation est plus nuancée en province, ou quelques villes, comme Petit-Goâve et Miragoâne (Sud), Saint-Marc (Nord), ont observé la grève, tandis que d’autres, telles que le Cap (Nord) et les Cayes (Sud) l’ont presqu’ignorée, suivant des rapports de presse.

Les commerçants et les marchandes ont raté une journée de vente et l’État de son côté n’a perçu moins de taxes, selon Labossière.

L’économiste pense que l’impact de cette grève sera mieux compris d’ici la fin de l’année, lorsque sera venu le moment de l’évaluation de la performance économique du pays.

Une journée sans activité à Port-au-Prince et quelques autres villes du pays pourrait représenter plusieurs millions de dollars de manque à gagner dans une économie dont la valeur annuelle serait estimée, selon des données conservatrices, à environ 8 milliards de dollars.

Le premier ministre Evans Paul a réitéré ce 9 février que le gouvernement n’était pas en mesure de réviser les prix des produits pétroliers en vigueur sur le marché haïtien.

Edouard Paultre, coordonnateur du Conseil haïtien des acteurs non étatiques (Conhane) reconnaît que « le mobile de cette grève est juste », mais il faut, selon lui, « questionner l’adhésion de la population ».

« C’est une grève lancée (…) sur fonds de menaces », ce qui est « susceptible de créer la peur », déplore le responsable.

À cela, le dirigeant syndical Duclos Bénissoit répond qu’il était question d’une grève pacifique. Il croit que c’est surtout les autorités qui ont créé une sensation de peur en annonçant une forte mobilisation policière pour faire face à d’éventuels troubles.

Selon un communiqué émis en début d’après-midi par la Primature, les arrêts de travail provoqués par les appels à la grève « ne peuvent que nuire à l’économie nationale, et engendrer des conséquences néfastes pour les populations les plus vulnérables ». Le gouvernement « invite tous les agents de la fonction publique ainsi que les travailleurs du secteur privé à reprendre leurs activités pour le plus grand bien de la nation », lit-on dans ce communiqué. [srh gp apr 09/02/2015 17 :00]