Haïti-Duvalier : L’instruction demandée par la Cour d’appel toujours en cours

P-au-P, 07 févr. 2015 [AlterPresse] --- Près d’un an après la demande (20 février 2014) d’un supplément d’instruction, prenant en compte les complices du régime des Duvalier, formulée par la cour d’appel de Port-au-Prince, l’enquête continue, apprend AlterPresse.

« Le juge Durin Duret Junior continue d’instruire le dossier », fait savoir à AlterPresse la militante féministe et fer de lance du Collectif contre l’impunité, Danièle Magloire, précisant que la loi ne fixe pas de délai pour les instructions.

Toutefois, elle affirme que le dossier est très lourd et très complexe par rapport au nombre de personnes qui devront être auditionnées.

Le juge Durin Duret Junior travaillerait seul en compagnie d’un greffier, ce qui expliquerait la lenteur de son travail.

Il n’y a pas de volonté politique. Parce que, une fois Jean-Claude Duvalier mort, l’ex-ministre de la justice et de la sécurité publique, Jean Renel Sanon, aurait voulu fermer le dossier.

« Jean-Claude Duvalier avait fait une demande auprès de la Cour de cassation. La Cour de cassation n’a rien dit jusqu’à maintenant », indique la sociologue Magloire.

Au niveau de la Cour de Cassation, les juges devraient se pencher sur la contestation de Jean-Claude Duvalier, contestation invalide selon ce qu’a démontré le Collectif contre l’impunité.

La Cour de cassation avait entendu l’affaire au mois de novembre 2014, avant de tout arrêter.

« Le drame, c’est qu’on sera dans l’obligation de recommencer, parce que ce système archaïque exige que la personne, qui entend l’affaire, soit celle qui statue sur le dossier. Par principe, l’ex-président de la Cour de cassation Anel Alexis Joseph devrait vider sa main avant son départ. Ce qu’il n’avait pas fait », déplore Danièle Magloire.

Anel Alexis Joseph a démissionné sans boucler les dossiers en cours, dont celui de Duvalier.

Ensuite, à la Cour de cassation, il y a un manque de juge pour que les deux chambres puissent travailler.

En dernier lieu, « la cour de Cassation fait comme si Jean-Claude Duvalier n’est pas mort. Or, les victimes avaient porté plainte contre Jean-Claude Duvalier et consorts. Les consorts existent, il y a des co-accusés. Si l’un des accusés est mort, le dossier doit être poursuivi. Mais, ils font comme si l’accusé n’est pas mort. Ils n’ont rien dit sur la question », critique Danièle Magloire.

Jean-Claude Duvalier est mort d’une crise cardiaque, le 4 octobre 2014, selon ses proches. Il était revenu en Haïti en 2011, vingt-cinq ans après la chute du pouvoir sans partage, instauré par son père François en 1957. [jep kft rc apr 07/02/2015 0:35]