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Haïti-Droits humains : Cri d’alarme de l’Action civique dessalinienne contre le traitement réservé aux migrants

P-au-P, 21 janv. 2015 [AlterPresse] --- L’Action civique dessalinienne (Acdessa) et la United Haitian association of the USA lancent un cri d’alarme autour du sort des boat people, des migrantes et des migrants haïtiens de la République Dominicaine et des Iles des Caraïbes, lors d’une conférence de presse, le mercredi 21 janvier 2015, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Bahamas a déporté 4,229 Haïtiens au cours de l’année 2014 », sans oublier celles et ceux qui ont perdu la vie dans les eaux internationales, critique le président de l’Action civique Dessalienne, Arioste Denis.

« Cette situation dure depuis 43 ans. Les Haïtiens sont sujets à une série de mauvais traitements, pas seulement dans le cas des boat people, mais aussi en République Dominicaine », ajoute Acdessa.

Avec la reconduction de Duly Brutus au poste de titulaire des affaires étrangères, l’ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2005, Arioste Denis, juge le moment opportun, pour le nouveau gouvernement de Evans Paul, d’aborder cette problématique avec sérénité.

Le gouvernement de Laurent Lamothe avait chargé, de la question, le musicien Richard Morse, qui n’aurait pas été bien imbu de la problématique de la migration, accuse Acdessa.

« J’avais voyagé à Washington chaque mois. Je devrais voir le congrès américain et le département d’Etat. J’avais laissé le gouvernement, parce que je n’aimais pas le chemin emprunté. Jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’élection dans le pays. Ce n’est pas un chemin, mais c’est un choix », clame Richard Morse, joint au téléphone par AlterPresse.

Le musicien Richard Morse affirme avoir été « envoyé spécial » du président Michel Martelly, à Washington, pour les affaires politiques, durant la période de 2012 et 2013, avant de remettre sa démission.

Les autorités nationales devraient oeuvrer pour arriver à un traité international, qui donne un statut de réfugié aux migrantes et migrants haïtiens, suggère Acdessa.

« Le peuple haïtien n’a pas de statut. Ils sont comme des personnes livrées à la merci des vents et des fauves. Haïti a une population globale de 14 millions de personnes à l’intérieur et à l’extérieur. Le gouvernement prend des décisions pour les 10 millions qui se trouvent en Haïti, alors que les 4 autres millions de personnes, éparpillées à travers le monde, sont exclues des grandes décisions politiques », déplore l’Action civique dessalinienne.

L’organisation monte aussi au créneau contre les actions conduites par le Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (Mhave).

Un ministère, qui n’aurait absolument rien fait pour la communauté haïtienne à l’étranger, dénonce-t-elle.

Les Haïtiens, considérés comme des « illégaux », sont quotidiennement expulsés par la République Dominicaine.

Les ressortissants nationaux sont aussi, périodiquement, interceptés en haute mer par des garde-côtes américains, lorsqu’ils tentent de gagner clandestinement les côtes des Etats-Unis.

Au mois d’août 2014, une centaine de boat people Haïtiens ont été rapatriés à Port-au-Prince par les garde-côtes américains. Ces clandestins, 96 hommes et 4 femmes, se trouvaient à bord d’une embarcation de fortune.

Certains de ces boat-people avaient fait part de leurs conditions de vie extrêmement difficiles en Haïti. Ce qui les avait poussés à prendre la mer pour tenter de se rendre à Miami.

Les navires des garde-côtes étasuniens patrouillent les mers, tandis que les avions contrôlent les cieux afin de protéger les frontières américaines, rappelle, régulièrement, le gouvernement américain, via son ambassade à Port-au-Prince.

Pour la même période d’août 2014, environ 3,000 Haïtiens ont été arrêtés en République Dominicaine, dont les autorités ont expulsé plus d’un millier à la frontière Nord d’Haïti.

D’aucuns se demandent jusqu’à quand seront adoptées des dispositions institutionnelles, pour prévenir les voyages clandestins, vers des territoires considérés comme ayant des opportunités d’emplois, par des compatriotes à la recherche d’un mieux-être.

Dans bien des cas, les voyages clandestins, entrepris vers des territoires étrangers, se transforment, souvent, en cauchemar pour les ressortissantes et ressortissants haïtiens. [jep kft rc apr 21/01/2015 15:00]