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Haïti-Culture : Les « empreintes » de Pascal Smarth aux Ateliers Jérôme

Soumis à AlterPresse

S’ouvrant à un nouveau carrefour pictural, plus libre et foisonnant, le peintre Pascal Smarth [1] a présenté, du 18 décembre 2014 au 8 janvier 2015, sa sixième exposition « Empreintes » aux Ateliers Jérôme.

Constitué de 14 peintures à l’acrylique sur toile, cet ensemble tente d’exprimer, à partir du geste abstrait, « les empreintes de l’eau sur la vie ».

L’abstraction dominante

« J’ai privilégié l’abstraction très tôt dans ma carrière, parce que, pour moi, le message passe mieux dans le non-dit. Mon œuvre a toujours été un questionnement des êtres et des choses », déclare le peintre.

L’abstraction de Pascal Smarth s’ouvre à de nouvelles propositions.

La matière, antérieurement lisse, se fait cette fois rugueuse, riche en empâtements et en relief. La ligne, qui tendait à disparaître, revient pour structurer l’espace.

L’artiste, sans faire économie de ses moyens, associe audacieusement les couleurs en utilisant la pâte acrylique, mélangée au papier recyclé pour recréer, avec vigueur, l’impact de l’eau sur la vie.

Pour « rendre l’intensité de ses émotions », Pascal Smarth a fait choix de l’acrylique comme unique médium.

Selon lui, l’émotion pure peut se transmettre simplement, sans artifice.

Jouant des effets de la perspective, le peintre manie cette technique avec une grande maîtrise.

En visitant l’exposition, on a l’impression de se fondre dans un monde imaginé, où les flaques d’eau, les coulures et les vagues se transforment, sous les yeux, en autant de blessures à la terre.

La dimension symbolique

« Arrêté en chemin, pour observer l’eau qui coule, j’ai plongé, en toute conscience, dans le bain amniotique de la terre... », écrit l’artiste pour présenter sa démarche artistique.

À partir d’un jeu de lumière et de transparence, il fait ressortir la fragile beauté de cet élément source de vie.

A été offerte une représentation du réel, dans laquelle la nature est davantage évoquée par sa symbolique que par sa matérialité.

On y décèle, d’entrée de jeu, une omniprésence des couleurs allusives, le bleu, le blanc, le vert et le brun ainsi que des cavités, monticules et ravinements, marques significatives de l’impact de l’eau.

L’ensemble exposé s’organise en deux sous-thèmes : l’eau et sa musicalité en 9 tableaux, l’eau et ses traces en 4 tableaux. Issu du processus de contemplation, dans lequel s’engage consciemment l’artiste, il stimule l’imagination autour des mutations de l’environnement naturel et fait valoir, en même temps, le souci esthétique d’évoquer sans décrire.

Dans le cadre de l’exposition, un atelier de formation en traitement du papier (acrylique et encre), organisé par les Ateliers Jérôme et le Centre d’Art, a été animé, du 4 au 6 janvier 2015, au Centre d’Art (Port-au-Prince), par l’artiste, à l’intention des professionnels du métier et des étudiants en art.


[1Pascal Smarth est né à Cavaillon, le 12 avril 1966, il est initié très jeune à la peinture par son père Oswald Smarth. Il sera plus tard diplômé de l’Ecole Nationale des Arts (Enarts).
En 1991, une expérience marquante dans l’atelier de Ernest Breleur, peintre martiniquais, achève de faire de lui un professionnel accompli. Il compte aujourd’hui (en 2015) plus d’une vingtaine d’expositions en Haïti, aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada. Beaucoup de catalogues sont consacrés à son œuvre.