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Haïti-Politique : Des manifestations anti-Martelly à l’approche du cinquième anniversaire du séisme de 2010

P-au-P, 07 janv. 2015 [AlterPresse] --- La table de concertation de l’opposition politique projette d’organiser trois journées de mobilisation les jeudi 8, samedi 10 et dimanche 11 janvier 2015, dans la perspective d’obtenir le départ du président Michel Martelly, apprend AlterPresse.

Cette dernière phase de l’opération baptisée « Burkina Faso » (pour paraphraser le mouvement ayant entraîné la chute de Blaise Compaoré, emporté par la rue le 31 octobre 2014 après 27 ans de pouvoir sans partage) n’a pas de date limite, sinon celle du renversement de Martelly, indique à AlterPresse le porte-parole du Mouvement patriotique de l’opposition démocratique (Mopod), Serge Jean-Louis.

« Elle n’est pas située dans le temps. Nous atteindrons l’objectif escompté dans la dernière phase. Parce que toutes les conditions le montrent, tous les signes le montrent clairement, Michel Martelly est visiblement affaibli. Il se retrouve dans un imbroglio, dans un labyrinthe. C’est la dernière phase de l’opération Burkina Faso qui le portera vers la démission », argue l’ancien député Serge Jean-Louis.

La mobilisation anti-Martelly en cours emprunterait les mêmes voies que l’opération, qui a contribué au renversement, le 10 mars 1990, de l’ex-président militaire Prosper Avril, prétend Serge Jean Louis.

« Il n’y aura pas de dechoukaj, pas de pillage, pas de désordre, mais tout simplement une mobilisation pacifique », assure-t-il, tout en mettant l’accent sur une alternative qui prendra en charge la destinée du pays 72 heures après le départ de Michel Martelly.

Ces trois journées de mobilisations précéderont l’échéance de l’entente tripartite signée le 29 décembre 2014.

Selon cette entente, les mandats des députés et d’une partie des sénateurs continueront à courir respectivement en avril et septembre 2015, si, entre autres, les amendements à la loi électorale sont votés et la politique générale du premier ministre désigné Evans Paul est ratifiée.

Le lundi 5 janvier 2015, la séance d’ouverture de la session extraordinaire du parlement, convoquée par le président Martelly, a échoué, faute de quorum.

Un groupe de six sénateurs de l’opposition exige la formation d’un nouveau Conseil électoral provisoire, comme une des conditions préalables à sa participation à l’Assemblée nationale.

Une rencontre extraordinaire, le mardi 6 janvier 2015, entre le président du sénat Dieusseul Simon Desras avec les présidents des commissions sénatoriales permanentes, a débouché sur la formation d’une commission sénatoriale ad hoc qui s’entretient, ce 7 janvier, avec Martelly.

Visiblement, les mesures d’apaisement, recommandées par la Commission consultative présidentielle, semblent avoir buté sur le non respect de certaines échéances, contrairement aux calendriers préalablement fixés.

« Nous poursuivons le même objectif, la démission de Michel Martelly, pour le remplacer par une nouvelle équipe ayant la mission d’établir les conditions nécessaires pour organiser des élections libres honnêtes, crédibles et démocratiques », fait savoir Serge Jean-Louis.

Avec les différentes échéances qui arriveront à terme le 12 janvier 2015, des observateurs craignent une situation semblable à celle de 1915, un siècle après, soit la résurgence d’un passé triste et honteux. [jep kft rc apr 07/01/2015 13:55]