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Haïti-Genre : La Sofa appelle les autorités à des actions concrètes contre la violence exercée sur les femmes

P-au-P, 25 nov. 2014 [AlterPresse] --- La Solidarite fanm ayisyèn (Solidarité des femmes haïtiennes/Sofa) encourage les instances étatiques à mettre en œuvre des actions concrètes, en faveur de la lutte contre les violences à l’égard des femmes, à l’occasion de la journée internationale, ce mardi 25 novembre 2014, pour l’élimination de ce type de violence.

Des actions positives, qui devraient être mises en application par les autorités, n’existent que sur du papier, relève Olga Benoit, chargée de programme de la Sofa et de l’axe de la lutte contre la violence faite aux femmes, lors d’un point de presse, auquel a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Des obstacles persistent dans la qualité des services pour les femmes, qui souffrent, au quotidien, des violences subies des hommes, en dépit de quelques actions positives, comme la mise en place d’un bureau de lutte contre les violences faites aux femmes et la publication de la loi sur la paternité et la filiation responsable.

Votée par le sénat, en avril 2012 - trois ans après l’avis favorable des députés -, la loi sur la paternité responsable et filiation a été publiée, le 4 juin 2014, dans le journal officiel « Le Moniteur » (# 105).

De nombreuses femmes continuent de dénoncer la banalisation, par une série de juges, des actes de violences, dont elles sont victimes, notamment en ce qui concerne les cas de violences conjugales et d’irresponsabilité parentale, rapporte la Sofa.

Il y a des juges qui font trainer les dossiers de justice.

Malgré une augmentation des jugements, concernant les viols dans divers départements du pays, beaucoup de décisions finales sont reportées, ou débouchent sur la libération suspecte des agresseurs, au détriment des femmes victimes, condamne la Sofa.

Des hommes, auteurs d’agressions sexuelles sur les femmes, sortent de prison, sur décision de parquets et de tribunaux de paix.

A titre d’exemple, la Sofa cite plusieurs cas, dont celui d’une mineure âgée de 12 ans, violée le 12 janvier 2012.

Le procès n’a eu lieu que le mercredi 29 janvier 2014 (plus de deux ans plus tard), après plusieurs délais d’instruction du dossier.

Le juge, en charge de l’affaire, a renvoyé sa décision pour une semaine. Après environ treize jours, l’agresseur de la mineure de 12 ans - qui a été libéré - a continué à menacer la famille de la victime.

Une autre mineure, âgée de 11 ans, a été violée plusieurs fois en avril 2013 par un professeur de son école, qui sera, par la suite, appréhendé en juin 2013.

Le dossier a été transféré par le parquet au tribunal de première instance. Peu de temps après, l’agresseur a été libéré, à l’insu des parents de l’enfant.

Comment les femmes arriveront-elles à trouver justice si les institutions, garantes de la justice, ne remplissent pas leur rôle ?, s’interroge la militante de défense des droits des femmes.

La Sofa plaide pour l’élaboration et l’adoption d’une politique globale, prenant en considération tous les facteurs liés aux problèmes de violences sur les femmes et les filles.

Une façon, pour l’Etat, de réaliser des programmes pouvant apporter une réponse concrète aux besoins des femmes victimes de violences, préconise la Sofa.

L’organisation de défense des droits des femmes souhaite la mise en place de services de qualité dans les institutions de santé, la police et la justice, ainsi que la formation des membres du personnel ayant la responsabilité de délivrer ces types de services aux femmes victimes de violences. [emb kft rc apr 25/11/2014 15:30]