Haïti-Justice : Me André Michel boude la demande de comparution du juge Lamarre Bélizaire

P-au-P, 17 nov. 2014 [AlterPresse] --- L’avocat André Michel a boudé la demande de comparution en justice pour destruction de biens d’autrui, qui lui a été faite par le juge Lamarre Bélizaire, pour ce lundi 17 novembre 2014.

Me Michel affirme ne pas vouloir comparaitre devant le juge Bélizaire parce que celui-ci est inféodé au pouvoir.

« Je suis en quelque sorte harcelé par la justice de mon pays parce que cette justice n’est pas indépendante. Le pouvoir Martelly/Lamothe (président et premier ministre) a choisi de me combattre avec le plus grand acharnement », dénonce t-il.

Ce mandat contre André Michel survient suite à la manifestation de l’opposition organisée, le vendredi 17 octobre 2014, à l’occasion du 208e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, fondateur de la nation haïtienne.

Cette mobilisation a été dispersée par des tirs nourris de la police et à coup de gaz lacrymogènes à Delmas (périphérie nord).

Le vendredi 14 novembre, un autre mandat d’amener a été également décerné contre l’avocat par le parquet de Port-au-Prince suite à une plainte déposée par Guerline Kernizan pour séquestration et kidnapping.

« Cette dame manipulée pour porter plainte » a été arrêtée par la police pour vol et, ensuite libérée par le parquet, fait savoir André Michel.

« Nous sommes dans une dynamique de combat politique. Le plus important, c’est la mobilisation », réitère l’avocat demandant à la population de rester vigilante et de prendre part à la manifestation de l’opposition annoncée le 18 novembre contre le pouvoir actuel.

C’est parce que ce pouvoir se retrouve dans une situation de panique, qu’il choisit d’utiliser la répression comme instrument de combat politique, dénonce t-il.

Plusieurs manifestants et militants politiques dont Rony Timothée et Biron Odigé, arrêtés lors de la manifestation du 17 octobre dernier sont toujours gardés en prison sans avoir vu un juge.

« Ce dossier se retrouve dans une situation compliquée. Nous avons plaidé en faveur d’un habeas corpus [1]. Pour le moment, le dossier va être porté devant la cour d’appel de Port-au-Prince », informe Me André Michel qui exige la libération de tous les manifestants et « prisonniers politiques ».

D’autres militants continuent d’être persécutés, indique l’avocat, faisant remarquer qu’aucune négociation n’est possible dans un pareil climat de répression politique.

« C’est une question de morale politique », martèle t-il. [emb kft gp apr 17/11/2014 11 : 40]