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Haïti-Politique : Michel Martelly pris entre les questions de 3 journalistes français

P-au-P, 3 nov.2014 [AlterPresse] --- C’est un Michel Martelly très docile, avec une gêne à peine voilée, qui a répondu aux questions de 3 journalistes de Radio France internationale (Rfi), de TV5 monde et du quotidien Le Monde, en tant qu’invité de l’émission Internationales, du dimanche 2 novembre 2014.

Les élections, la Mission onusienne dans le pays, le dossier des « prisonniers politiques » arrêtés lors des manifestations anti-gouvernementales, la question des Duvalier et l’avortement, entre autres, ont animé cet échange entre les journalistes et le chef de l’État haïtien.

Sur la grande question du moment, l’organisation des élections et les perspectives, Michel Martelly semble dorénavant être dans l’attente du dysfonctionnement du parlement haïtien, en particulier le Sénat, pour convoquer les élections.

Dans l’incapacité de fournir une date pour la tenue des prochaines élections, Michel Martelly explique qu’« une fois arrivé au dysfonctionnement (du sénat), je convoquerai les élections ».

D’ici le 12 janvier 2015, le sénat sera privé d’un second tiers, soit 20 sénateurs sur 30, et sera donc dans l’impossibilité de siéger.

Se dédouanant de la non-réalisation des élections dans le pays, depuis déjà 3 ans, Michel Martelly pointe le Sénat qui n’a pas encore voté la loi électorale, « un pouvoir que je n’ai pas, c’est de forcer les sénateurs à voter ».

Pendant que presque toute la population se dit contre la présence de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), Martelly ne cache pas son inclinaison.

« Je suis de ceux qui supportent cette force dans le pays. J’apprécie le travail qui est fait. Je le dis haut et fort à ma population et à la Minustah ».

Il annonce un retrait programmé et progressif de la Mission, qui devra commencer à partir du mois de juin 2015.

Le chef de l’État a nié l’existence de prisonniers politiques dans le pays.

Pourtant, ils sont plus d’une vingtaine de citoyens, opposés à la politique gouvernementale, qui sont arrêtés pendant ou en marge des mouvements de protestation.

Si le pays est, au niveau des discours, ouvert aux affaires, « il reste beaucoup à faire », reconnaît Martelly

Selon Martelly, ce long chemin passe par la reconstruction de l’homme haïtien, la distinction entre l’anarchie et la démocratie et également le rehaussement de la qualité de l’éducation haïtienne, présentement « terrible ». [srh kft gp apr 03/10/2014 15:00]