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Haïti – Coopération : Il revient aux nationaux de prendre en main leur destin, malgré les multiples actions des Ong, selon le Cerfas

Les mêmes défis demeurent

P-au-P, 05 nov. 2014 [AlterPresse] --- C’est « aux Haïtiens, les nationaux, de prendre en main leur destin ».

« L’aide publique au développement » ainsi que l’aide humanitaire ne peuvent, en rien, permettre le progrès du pays, asserte le Centre de recherche, de réflexion, de formation et d’action sociale (Cerfas), dans une analyse de l’aide (depuis 2010) à Haïti, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

En dépit de multiples actions posées par les Organisations non gouvernementales (Ong), dans divers contextes, spécialement après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, les problèmes fondamentaux restent les mêmes, d’après le Cerfas.

Partant de l’aide publique au développement, en passant par l’aide humanitaire abondante après le séisme du 12 janvier 2010, jusqu’à présent « les grands défis restent entiers et les problèmes fondamentaux sont très loin d’être abordés », affirme le directeur du Cerfas, le prêtre (catholique romain) Kawas François.

François intervenait dans une conférence de presse, organisée le jeudi 30 octobre 2014, en collaboration avec le Cadre de liaison des Ongs (Clio), au centre de la capitale.

Les Ong n’ont pas réellement contribué à renforcer les structures locales, estime le Cerfas, tout en reconnaissant combien l’appui, apporté par ces organismes, aura permis d’apporter des solutions ponctuelles, de mettre à nu les failles structurelles de l’État haïtien et de favoriser de meilleurs salaires aux professionnels de santé.

« Les nationaux doivent s’asseoir et définir ce qu’ils veulent, et se faire aider au besoin », ajoute-t-il.

Les Ong devraient apporter des corrections, si elles devaient venir en aide en Haïti, dans l’éventualité d’une catastrophe naturelle.

L’implication des actrices et acteurs nationaux dans les rencontres décisives (Clusters) et le renforcement des organisations humanitaires haïtiennes, de sorte qu’elles puissent prendre leurs responsabilités, sont deux points fondamentaux à améliorer, souligne le Cerfas.

Le Centre de recherche, de réflexion, de formation et d’action sociale déplore le fait que différentes réunions importantes, notamment depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, se tiennent en Anglais sur le territoire national en Haïti.

Ce qui crée une situation d’exclusion pour les Haïtiennes et Haïtiens.

La mise en place, par les autorités haïtiennes, d’un cadre d’orientation globale, susceptible de guider les actions des organisations non gouvernementales, dont les initiatives dénotent présentement une cacophonie, serait un des actes fondamentaux à poser par l’État, suggère le Cerfas. [srh kft rc apr 05/11/2014 1:35]