Haïti-Droit au logement : Il est temps de se tourner vers les bidonvilles, appelle la plateforme Garr

P-au-P, 06 oct. 2014 [AlterPresse] --- Il est temps d’adapter les programmes de logements aux personnes les plus démunies vivant dans les quartiers informels, appelle la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et refugiés(Garr) à l’occasion de la journée mondiale de l’habitat, ce 6 octobre 2014, dans une position publique transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Célébrée tous les ans le premier lundi d’octobre, cette journée se déroule en 2014 sous le thème « Donnons la voix aux bidonvilles ».

Un thème, dont la plateforme Garr ne veut pas se démarquer.

« La population des camps diminue considérablement. Pourtant, des quartiers informels, dépourvus de services de base, pullulent au su et au vu des autorités concernées par la question de logement dans le pays », critique l’organisation, appelant à un véritable bilan de l’action humanitaire, près de 5 ans après le séisme du 12 janvier 2010.

Depuis juillet 2010, le nombre de ménages vivant dans des camps a chuté de 93.7%, selon le dernier bulletin du bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha) en Haïti.

En septembre 2014, on ne compte plus que 85 mille personnes déplacées.

Cette réduction est due en partie aux subventions, allouées à la location d’un appartement et, en partie, aux expulsions forcées.

Le droit au logement est devenu l’un des plus grands défis pour l’Etat haïtien depuis 2010.

Les expulsions forcées des personnes déplacées dans les camps, les expropriations, parfois arbitraires, témoignent du chemin encore long, avant d’atteindre la jouissance complète de ce droit par le peuple haïtien.

« Dans plusieurs régions, les cris des familles paysannes, expulsées de leurs propriétés, se multiplient et deviennent retentissants. A l’Île-à-Vache, à Caracol, les projets avec de grands enjeux économiques font augmenter le nombre de paysannes et paysans sans terre », souligne la plateforme Garr.

« L’expropriation est légale », mais elle met en avant la nécessité pour que « les procédures soient claires et bien appliquées », insiste la plateforme Garr.

L’organisation fait part également des « inquiétudes des militantes et militants du droit au logement » face à la démolition de bâtiments au centre-ville de Port-au-Prince.

Par ailleurs, la plateforme Garr salue la publication, par le gouvernement, d’un document-cadre de la Politique nationale de logement et de l’Habitat (Pnlh).

Dans ce document, les autorités ont épinglé plusieurs contraintes à la branche du logement dans le pays, dont l’inexistence de schémas national et local d’aménagement du territoire, l’insécurité foncière, le sous-financement bancaire et la pauvreté. [kft rc apr 06/10/2014 14:55]