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Haïti-Duvalier/Décès : Martelly est triste, mais les victimes ne lâcheront pas

P-au-P, 06 oct. 2014 [AlterPresse] --- Après le décès de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, le 4 octobre 2014, les réactions n’ont pas tardé et plusieurs secteurs y sont allés de leur petit communiqué, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

A commencer par le président Joseph Michel Martelly, qui dit ressentir « beaucoup de tristesse », depuis l’annonce du décès de Duvalier le 4 octobre 2014, tout en « présentant ses sympathies à la famille, aux proches et partisans du défunt ».

Le Collectif contre l’impunité critique Martelly et l’accuse de « tenter d’imposer le silence et l’oubli », avec une telle réaction, d’autant plus que certains de ses « partisans (de Duvalier) sont légion dans son entourage ».

Le collectif souligne combien le processus judiciaire, réenclenché depuis 2011, ne saurait s’éteindre.

Les poursuites pour crimes contre l’humanité et crimes économiques mentionnent les consorts de Duvalier. Le décès de ce dernier « ne peut servir de prétexte pour perpétuer l’impunité ».

« Les processus de lutte contre l’impunité et de réconciliation de la nation » doivent se poursuivre, appelle la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies en Haïti, Sandra Honoré, pour qui « le retour de l’ancien président, en 2011, présentait une opportunité pour le pays d’adresser pleinement la mémoire douloureuse de son passé récent ».

En mourant, Jean-Claude Duvalier échappe à une condamnation, mais il ne peut se dérober aux « poursuites entamées contre son régime », selon la Fédération internationale des ligues des droits humains et de ses organisations membres en Haïti, le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) et le Centre œcuménique des droits humains (Cedh).

« Si la mort de Jean-Claude Duvalier suscite, chez les plaignants, un amer sentiment, il ne fait que renforcer leur détermination à obtenir justice et réparation », souligne l’organisation Avocats sans frontières.

L’organisation Avocats sans frontières insiste sur la responsabilité de l’État haïtien - de favoriser pleinement la procédure en cours et celle de la communauté internationale - « de s’assurer qu’Haïti respecte ses engagements internationaux en matière de lutte contre l’impunité ».

La mort de Jean-Claude Duvalier ne doit pas mettre un terme au travail de reconstitution de la mémoire collective sur son régime, rappelle l’organisation Avocats sans frontières.

Ayant hérité, le 22 avril 1971, du pouvoir sans partage de son père François, Jean-Claude Duvalier a poursuivi son règne atroce jusqu’au 7 février 1986.

Revenu en Haïti en 2011, il est décédé d’un infarctus à 63 ans, selon les informations disponibles. [kft rc apr 06/10/2014 12:30]