Perspectives

Haïti-Politique : Une manifestation du parti Fanmi lavalas, dispersée à coups de gaz lacrymogènes


mardi 30 septembre 2014

P-au-P, 30 sept. 2014 [AlterPresse] --- Dispersés par des gaz lacrymogènes de la Police nationale d’Haïti (Pnh) au niveau de Carrefour Fleuriot (périphérie nord-est), quelques milliers de manifestantes et manifestants proches du parti politique Fanmi lavalas n’ont pas pu finir leur course devant la résidence de l’ancien président Jean Bertrand Aristide à Tabarre (au nord-est de la capitale), leur destination.

Avant leur dispersion, ces manifestants ont défilé dans diverses rues de la capitale à l’occasion du 30 septembre, date marquant le 23è anniversaire du sanglant coup d’Etat militaire orchestré contre l’ancien président (7 février 1991- 30 septembre 1991 ; 7 février 2001 - 29 février 2004).

Aristide a été élu démocratiquement président de la république le 16 décembre 1990.

Partie devant l’Eglise Saint-Jean Bosco, la manifestation a longé le boulevard La Saline (à l’ouest), Cité soleil, Delmas 18, 33 (nord-est), Gerald Bataille, Claircine et Carrefour Fleuriot.

Les manifestants ont été bloqués pendant plusieurs minutes à Carrefour Fleuriot avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes lancés par la police.

Ils n’ont pas pu aboutir à destination, soit devant la résidence d’Aristide, mis sous surveillance renforcée depuis samedi 27 septembre 2014.

Accusé d’être impliqué dans des faits de trafic illicite de drogue et blanchiment d’argent, Aristide fait l’objet d’un mandat d’amener et d’une assignation à résidence, émis par le juge d’instruction Lamarre Bélizaire, dans le cadre d’une enquête sur ce dossier.

Rassemblés ce 30 septembre devant la résidence de l’ex-président en signe de solidarité, plusieurs partisans proches d’Aristide ont été aussi forcés de laisser les lieux à coups de gaz lacrymogènes par des agents de l’Unité départementale de maintien de l’ordre (Udmo).

A plusieurs reprises, les manifestants du 30 septembre 2014 ont été contraints de dévier leur parcours notamment au niveau du carrefour de l’aéroport (angle route de Delmas et Avenue Martin Luther King) pour s’orienter vers Delmas 33.

L’arrivée de la manifestation à Delmas 33 a créé momentanément un climat tendu obligeant des commerçantes et commerçants à enlever, avec empressement, leurs marchandises étalées sur les trottoirs pour éviter d’éventuelles agressions.

C’est important de commémorer le coup d’Etat du 30 septembre parce que les personnes qui l’ont réalisé se retrouvent encore au pouvoir et continuent de persécuter Aristide, a estimé un proche partisan du parti Fanmi lavalas, lors du défilé.

Ces persécuteurs devraient être derrière les barreaux, souhaite t-il.

« Non à toute persécution politique, justice pour toutes les victimes du coup d’Etat du 30 septembre », lit-on sur des affiches brandies par les manifestants.

Durant tout le parcours, les manifestants ont appelé le pouvoir en place au respect des acquis démocratiques obtenus au prix de nombreux sacrifices.

Accompagnés d’un char musical, munis de branches d’arbres et de photos de l’ancien chef d’Etat Jean Bertrand Aristide, les protestataires ont exigé le départ du président Joseph Michel Martelly.

Le samedi 27 septembre, plusieurs milliers de manifestants et manifestantes ont aussi gagné les rues au Cap-Haïtien (248 km au nord de la capitale Port-au-Prince) pour dénoncer les dérives du pouvoir en place. [emb kft gp apr 30/09/2014 15 : 45]