Haïti-Omd : Entre progrès et défis à relever

P-au-P, 02 juillet 2014 [AlterPresse] --- Haïti a accompli des progrès sur la majorité des indicateurs des huit objectifs du millénaire pour le développement (Omd), mais ces avancées restent insuffisantes pour éradiquer la pauvreté, selon le dernier rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud).

Les progrès sont réalisés notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé maternelle, la mortalité infantile, l’autonomisation des femmes et le VIH/Sida, selon les résultats du rapport 2013 sur les Omds pour Haïti, suivant le rapport présenté ce mercredi 25 juin 2014 à Pétionville (périphérie est).

Eliminer l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour toutes et tous, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans, font partie des objectifs du millénaire pour le développement.

Il s’agit également d’améliorer la santé maternelle, de combattre le Vih/sida, le paludisme et d’autres maladies, de préserver l’environnement et de mettre en place un partenariat pour le développement.

En 1990 et 2013, il y a eu une baisse significative de la mortalité maternelle en Haïti, se réjouit la directrice principale du Pnud en Haïti, Sophie De Caen.

Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, plus de 6 femmes sur 10, soit 63 pour cent, reçoivent l’assistance d’un médecin ou d’une sage-femme lors de leur accouchement.

Cependant, en zone rurale, notamment dans le Nord-Ouest, seulement un quart des femmes ont eu droit à cette assistance de la part d’un personnel médical formé pour l’accouchement, nuance De Caen.

Le pays a déjà atteint la cible visant à réduire de moitié l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans, rappelle-t-elle.

Au niveau de l’éducation, la proportion des enfants scolarisés a presque doublé, applaudit la responsable du Pnud.

Mais la parité a régressé au niveau de l’éducation primaire et augmenté au niveau secondaire.

Toutefois, l’accès aux études supérieures reste toujours difficile pour les filles comme pour les garçons.

« (…) Certains secteurs accusent un retard très important. Les inégalités ont explosé, et l’emploi ne suffit plus pour sortir les personnes de la pauvreté, puisque 45% des travailleurs vivent avec moins de 1.25 dollars par jour (Omd1) », précise le rapport.

Il y a encore de nombreux défis. Il faudra consolider les progrès pour « assurer leur pérennité », souligne le rapport du Pnud.

« Il y a beaucoup à faire. Le travail doit continuer et nous devons doubler d’efforts », estime, de son côté, le premier ministre, Laurent Salvador Lamothe, lors de la présentation du rapport.

Encourageant la formation des maïtres et la création de plus d’écoles publiques, Lamothe insiste sur la responsabilité d’assurer à la population un accès à une éducation de qualité.

Améliorer la qualité de la santé et de ses infrastructures, contribuer à une meilleure gestion de l’eau et maîtriser la croissance de la population sont parmi les objectifs visés par le gouvernement de Lamothe.

« (…) Haïti avance ! Les progrès futurs sont conditionnés au maintien de la bonne gouvernance et de la consolidation de l’Etat de droit. Conscient des autres thématiques à prioriser, notre pays participe à la réflexion mondiale sur l’agenda de l’après-2015 », avance-t-il dans le rapport.

Manque de volonté politique de la part des acteurs haïtiens, qu’ils soient politiques ou autres, manque d’interventions ou de politiques publiques, prise en compte insuffisante de la demande des services, sont parmi plusieurs contraintes ou goulots d’étranglement à la mise en œuvre des Omd en Haïti, identifiés par le Pnud et sur lesquels le pays aura à travailler.

L’organisme onusien met aussi en avant des contraintes de type transversal, ayant trait à un manque de coordination et d’articulation entre les secteurs, les politiques publiques et acteurs de la mise en œuvre des objectifs du millénaire.

Haïti doit « exploiter le bonus démographique, créé par une population jeune en âge de travailler, qui est capable de donner un nouveau souffle à la croissance et propulser l’innovation », fait ressortir le secrétaire d’Etat à la coopération externe (Mpce), Robert Labrousse, lors de la présentation du rapport.

Les taux d’accroissement démographique, élevés dans le pays, exercent des pressions grandissantes sur la fourniture de biens publics, handicapant ainsi les avancées de façon significative, signale Labrousse.

Le Mpce prône des investissements dans les ressources humaines, notamment dans la population croissante de jeunes, en vue de contribuer à l’accélération des avancées en direction des Omd, et la valorisation d’un développement humain durable, en général.

Il invite les actrices et acteurs à dresser un inventaire rapide des nombreuses ressources du pays, pour leur exploitation maximale, par le biais de développements endogènes pour la création de richesses.

Le Mpce devrait utiliser ce rapport comme un outil stratégique de référence, à être consulté dans la conception et l’adaptation de nouvelles politiques publiques, en vue de meilleurs résultats dans l’intérêt supérieur du peuple haïtien, recommande Labrousse.

Les Omd ont été adoptés, à New York, en 2000, par 189 états membres de l’Organisation des Nations Unies (Onu).

Ils constituent un cadre de référence international, qui permet aux gouvernements nationaux et aux institutions internationales de développement de travailler conjointement pour atteindre des objectifs communs. [emb kft gp apr 02/07/2014 12:00]