Haïti-Minustah : « Finir le job »

P-au-P, 6 juin 2014 [AlterPresse] --- La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti(Minustah) se poursuivra tant que le Conseil de sécurité de l’organisation ne décidera pas le contraire, réaffirme ce 6 juin, Hervé Ladsous, en conférence de presse sur la base logistique de la mission.

« Il s’agit d’essayer en ce qui nous concerne de finir le job. Cela ne se produira pas demain, cela ne se produira pas la semaine prochaine. Mais il faut évidemment trouver les bonnes formules conciliant l’efficacité et l’objectif de ménager les ressources qui nous sont allouées », affirme-t-il, au terme d’une visite de travail en Haïti.

Le diplomate a séjourné trois jours dans le pays dans le cadre d’une mission d’évaluation stratégique de la présence de la Minustah.

Évoquant les 10 ans de la Minustah, Hervé Ladsous dresse sans surprise un bilan positif, contraire aux constats alarmants de la société civile haïtienne.

Les progrès « sont bien réels » et « je crois que le rétablissement de la paix et la sécurité civile dans le pays a progressé », dit-il avant d’avancer des chiffres de 2013 sur une baisse, selon lui, de la criminalité et du kidnapping.

Le Français reconnaît en même temps « une pression forte » en Haïti comme dans des pays africains pour pousser les Nations Unies à réduire l’effectif de sa mission.

Mais dans le cas d’Haïti, cette idée est soutenue par le conseil de sécurité de l’Onu, tandis que les organisations de la société civile locale et au niveau latino-américain, certains partis politiques de même que le Sénat de la république par une résolution, ne cessent point de réclamer le départ complet de la mission.

« Je suis parfaitement conscient du fait que nous avons effectué, au fil de ces années, un investissement considérable en Haïti, pour accompagner le peuple et les institutions haïtiennes dans cette sortie de crise », déclare Hervé Ladsous.

Il précise que l’Onu a investi des vies humaines, des vies fauchées par le séisme de 2010, « beaucoup de capital politique » et 7 milliards de dollars américains.

« Il s’agirait évidemment pas de prendre des décisions qui auraient pour effet de faire perdre son efficacité au dispositif et de compromettre en quelque sorte la poursuite de tous ces progrès qui ont été enregistrés. Il va donc falloir trouver un équilibre », souligne le secrétaire général adjoint, ajoutant : « nous allons continuer à réduire, mais de manière raisonnable ».

Le Conseil de sécurité scrute, depuis 2013 cinq options de transformation de la Minustah, dont plusieurs concernent une réduction de l’effectif militaire.

Comme son prédécesseur René Préval, en août 2012, le président Michel Martelly a demandé lui aussi une réduction de l’effectif de la mission et suggéré qu’elle soit tournée vers des projets de développement.

Selon Hervé Ladsous, considérant les options à l’étude, la Minustah ne demeurera pas comme elle est aujourd’hui, mais ne sera pas, non plus, remplacée par une autre entité de façon rapide.

« Une mission de maintien de la paix est, avant tout, un instrument politique », indique-t-il, et l’intervention de la Minustah dans les affaires politiques du pays entre autres « a vocation à rester pleinement dans le paysage ». [kft gp apr 6/06/2014 16:25]