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Haïti-Violence : De nouveaux incendies à Maïssade après la mort d’un chef de gang

Correspondance Ronel Odatte

Hinche, 27 mai 2014 [AlterPresse] --- Les actes de violences ne donnent aucun répit à Maïssade (Centre), où l’Etat semble complètement absent, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 mai 2014, des personnes non identifiées ont incendié une maison et un grenier appartenant au juge titulaire près le tribunal de paix de Maïssade, Carnes Antoine.

Ces incendies sont enregistrés 3 jours après une intervention policière à Savane Grande, qui a coûté la vie au chef de la bande Padiway, Colin Jean, alias Jan Lanfè.

Intervenant sur les ondes d’une station de radio locale, le juge Carnes Antoine dit avoir tout perdu, y compris sa maison et son grenier qui sont complètement détruits.

« Comme promis, les partisans de Jan Lanfè m’ont fait voir les 7 couleurs de l’arc-en- ciel », déclare-t-il.

Colin Jean, 34 ans, a été abattu aux environs de deux heures locales (18:00 gmt), dans l’après-midi du mardi 20 mai 2014, à Dodio, une localité de la deuxième section de Savane Grande, lors d’un échange de tirs avec des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), indique le commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal civil de Hinche, Michel Jean René.

Le chef de gang était l’objet d’un mandat d’arrêt pour sa participation dans des actes de violences.

Après avoir été informés de sa présence dans la localité, les policiers y ont débarqué pour l’appréhender. En tentant de s’enfuir, Colin Jean a reçu plusieurs balles dans le dos, selon la police.

Emmené d’urgence à l’hôpital de Maïssade, il a succombé de ses blessures.

Quelques minutes après sa mort, ses partisans ont fait irruption au sous-commissariat, au tribunal de paix et au siège de la municipalité.

Ils y ont ensuite mis le feu à tous les matériels trouvés : motocyclettes, bureaux, classeurs, papiers y compris les dossiers importants.

Depuis le mardi 20 mai 2014, des policiers nationaux patrouillent dans les rues de Maïssade.

Le tribunal et la mairie ne fonctionnent pas. Par crainte de représailles, les juges et les responsables de la municipalité préfèrent se mettre à l’abri.

Interrogés par la presse, des proches du défunt reprochent au juge Carnes Antoine d’avoir rédigé un procès-verbal qui ne reflèterait pas, avec exactitude, les circonstances, dans lesquelles Colin Jean a trouvé la mort.

Ils parlent « d’un complot ourdi par les autorités » et promettent l’« enfer pour toutes celles et tous ceux qui ont touché le sang de Jan Lanfè ». [ro kft rc apr 27/05/2014 10:10]