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Politique : Il faut un changement de cap pour surmonter la stagnation ambiante en Haïti, selon le président du sénat

« 3 ans d’échec consommé (…) sous la houlette d’un petit protégé de la communauté internationale »

Contrairement aux assertions de « progrès et de changement », sans cesse véhiculées par l’actuelle administration politique pour la période allant de mai 2011 à mai 2014, « (…) le peuple connaît une situation d’asphyxie … », souligne le président du sénat Dieusseul Simon Desras.

« L’exécutif doit se démarquer des clichés de la boulimie du pouvoir, du refus de céder la place et des fraudes électorales programmées ».

Actualisé le 14 mai 2014

P-au-P, 13 mai 2014 [AlterPresse] --- « Haïti ne fait que stagner. Les membres de l’exécutif doivent laisser les pratiques qui tuent la démocratie ».

C’est ce qu’estime le président du sénat, Dieusseul Simon Desras, à l’occasion de la fermeture, le lundi 12 mai 2014, de la première session ordinaire de l’année législative.

Pour le président du sénat, les années de Joseph Michel Martelly à la présidence (depuis le 14 mai 2011) sont « 3 ans d’échec consommé (…) sous la houlette de petits protégés de la communauté internationale ».

« (…) Le peuple connaît une situation d’asphyxie … Haïti est le seul pays de la région (caribéenne) qui fait face à des défis d’accès à l’énergie : seulement 30 % de la population a accès à l’énergie », relève Desras.

Actuellement dans une situation figée, le pays figure encore parmi ceux qui n’ont pas progressé dans la lutte contre la corruption et en matière de développement économique, signale le président du sénat.

80% de la population, qui vit avec moins d’1 dollar américain par jour, le manque de recettes en raison de la fraude et de l’évasion fiscales ainsi que la contrebande sont autant de marqueurs négatifs, aux yeux de Desras, de cette Haïti qui n’avance pas.

Une « situation qui ne va pas s’améliorer, à cause du manque de coordination des politiques, l’absence d’un cadre assurant ».

Il exhorte « l’exécutif à se démarquer des clichés de la boulimie du pouvoir, du refus de céder la place et des fraudes électorales programmées ».

Tout cela nuit « négativement au processus devant conduire à une transition » démocratique, continue de déplorer Desras, qui accuse, sur le coup, la communauté internationale de pousser « les acteurs nationaux vers des élections exclusives démocraticides », au lieu de « prêcher la tolérance ».

Avec la fermeture, le 12 mai, de la première session législative 2014, les députés sont en vacances jusqu’au deuxième lundi de juin 2014.

Entre-temps, les sénateurs, qui siègent de façon permanente, auront éventuellement à se pencher sur l’amendement de la loi électorale et le projet-loi révisé 2013-2014. [srh kft rc apr 13/05/2014 10:55]