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Haïti-Migration : Une enquête pour recenser des personnes frappées d’apatridie dans les zones frontalières

P-au-P, 12 mai 2014 [AlterPresse] --- Le Service Jésuite aux Migrants/Solidarite Fwontalye (Sjm-Haïti) annonce qu’il conduira bientôt une enquête sur « les risques d’apatridies dans les zones frontalières d’Haïti ».

Les résultats de cette enquête seront disponibles dans les trois prochains mois, indiquent les responsables de Sjm-Haiti lors d’une conférence de presse le 9 mai.

L’enquête sera réalisée dans les communes des quatre départements ayant des points frontaliers avec la République dominicaine, à savoir le Nord-Est, le Sud-Est, le Centre et l’Ouest.

Selon le Sjm-Haiti, il s’agit, entre autres, d’identifier les personnes dans les zones frontalières d’Haïti, de déterminer les différentes causes de retour de ces personnes en Haïti et de déterminer les conséquences de la sentence 168-13 dominicaine sur la situation des personnes affectées.

L’enquête devra permettre aussi d’identifier la meilleure stratégie à adopter pour protéger et accompagner les personnes à risque.

Lissaint Antoine, directeur national du Sjm fait état d’une estimation de plus de 750 mille personnes qui vivent en cohabitation, alors que les lignes frontalières entre Haïti et la République Dominicaine couvrent une distance de plus de 360 kilomètres, ce qui laisse croire qu’il y a plus d’une vingtaine de communes qui ont un territoire commun avec la république voisine.

« Les autorités dominicaines se sont arrangées pour ne pas donner aux enfants issus d’un couple haïtiano-dominicain des papiers, une situation qui pourrait déboucher sur des cas d’apatridies. Les parents de ces enfants n’ont pas la possibilité de déclarer leurs enfants », explique Lissaint Antoine.

Une situation qui, semble-t-il, existe depuis en 2006, lorsque les autorités dominicaines ont refusé systématiquement de donner des actes de naissance aux enfants haïtiens qui sont nés sur leur territoire, alors que ces enfants ont droit à leur nationalité dominicaine à partir du droit du sol.

Face à cette situation, « ces personnes qui sont frappées d’apatridies ne peuvent pas jouir de leurs droits civiques et politiques, ne peuvent pas aller à l’école, travailler et bénéficier de service social », estime Antoine.

Pour Antoine, cette situation s’est aggravée avec la sentence 168-13, de la junte constitutionnelle dominicaine, qui depuis le 23 septembre 2013 a décidé de dénationaliser toutes les Dominicaines et tous les Dominicains d’origine étrangère, nés sur le sol à partir de 1929. [jep apr 12/05/2014 13 :10]