Caraïbe : Diversité culturelle et société de l’information

Gros Islet (Ste-Lucie), 1 sept. 04 [AlterPresse] --- La diversité culturelle et la société de l’information sont au centre d’une réunion qui se déroule depuis le 30 aout à Gros Islet, Ste-Lucie, avec la participation d’environ 70 personnes oeuvrant dans une quinzaine de pays de la Caraïbe et impliquées dans la promotion des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC).

« Réfléchir sur l’importance du facteur "diversité culturelle et linguistique" dans l’élaboration de solutions régionales pour une vision intégrale de la Caraïbe et établir des stratégies pour le traitement de cette question », tel est l’objectif de cet atelier, organisé par la Fondation Réseaux et Développement (FUNREDES), basée en République Dominicaine, et appuyé par L’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF).

Daniel Pimienta du FUNREDES prône une « intégration mentale de la Caraibe ». Lors d’une intervention le 30 aout, il relève le « besoin d’infostructures communes » dans cette région qui a eu une « histoire difficile » avec les NTIC et qui est en retard en la matière, en partie à cause de la diversité linguistique.

« Je reve que le profil du caribéen soit celui du curacolais, qui parle 4 langues (Papiamento, Hollandais, Anglais, Espagnol) », confie Daniel Pimienta, qui mélange Français, Espagnol et Anglais au cours de son intervention.

Pimienta est optimiste quant aux résultats que peut tirer la Caraïbe de la mise en œuvre des Technologies de l’Information et de la Communication pour le Développement (TICpD). Il y a des « promesses incroyables », lance-t-il.

Cependant, pour le moment, « le niveau d’adoption des NTIC dans la région est très faible », souligne Yacine Khelladi (de la Fondation Taiguei), qui conduit des travaux depuis une dizaine d’années au niveau de la Caraïbe. « L’impact des TIC sur la vie quotidienne des Caribéens est encore marginale », constate-t-il.

Yacine Khelladi met, entre autres, en cause le développement « limité » de l’industrie, le faible niveau de revenu des habitants, la législation « qui reste figée », les politiques imposées par les institutions internationales. Selon Khelladi, un cadre institutionnel et stratégique doit etre mis en place pour affronter les divers problèmes.

Selon, Gilian Marcelle, Consultante en Technologie de l’Information (originaire de Trinidad), la construction de la Société Caribéenne de l’Information passe par la construction d’un leadership créatif. Elle estime que « tous les secteurs doivent etre impliqués », mais il revient aux gouvernements de « prendre le leadership » de la mise en place de cette société. Pour cela, ajoute-t-elle, « on a besoin de leaders responsables », capables de prendre des initiatives.

La rencontre de Gros Islet donne lieu à un ensemble de travaux en atelier pour identifier les caractéristiques communes, les différences au sein de la région, les difficultés, les faiblesses et les potentialités institutionnelles pour la mise en place de stratégies de développement des NTIC dans la Caraïbe.

Six Haïtiens prennent part à ces discussions, dont Schiller Jean-Baptiste, du Réseau Télématique Haïtien pour la Recherche et le Développement (REHRED), Raymond Noà« l, du projet des Nations Unies sur les TIC en Haiti, Maguy Mathurin, du Groupe Haïtien de Recherche et d’Action Pédagogique (GRHAP) et une équipe de jeunes traducteurs provenant de l’Université Quisqueya et conduits par la professeur Rose-Lourdes Elysée. [gp apr 01/09/2004 07:20]