Perspectives

Haïti-Parlement : Sénat, Accord El Rancho et loi électorale, un nouvel imbroglio dans l’air


vendredi 11 avril 2014

P-au-P, 11 avril 2014 [AlterPresse] --- L’assemblée des sénateurs n’arrive toujours pas à tenir séance plénière pour statuer sur les amendements de la loi électorale 2013 votés dans un temps record par les députés le 1er avril 2014.

8 jours après, soit le 8 avril 2014, au dernier moment, le quorum a été infirmé à cause de la présence de ce point à l’ordre du jour au Sénat.

A cette séance, 16 parlementaires sur 20 avaient répondu à l’appel nominal.

Irvelt Chery, membre de la commission de suivi des accords – vidée de 3 de ses membres devenus ministres du gouvernement Lamothe – apprécie la stratégie d’infirmation de quorum des sénateurs de l’opposition comme « normale » puisque c’est la « réalité de la vie parlementaire. C’est le jeu politique ».

Toutefois l’ancien sénateur rappelle aux parlementaires que l’intérêt national doit primer avant tout.

Chery semble n’être pas trop pressé. « Ils ont le temps devant eux pour faire travailler leur raison » affirme-t-il à AlterPresse.

Des Sénateurs comme Jean Charles Moïse, Pierre Francky Exius, John Joel Joseph, Westner Polycarpe, Jean Baptiste Bien-Aimé estiment que le Sénat n’est nullement lié à l’accord de El Rancho.

Selon Pierre Francky Exius, le plus important est de mettre sur pied le Conseil électoral provisoire selon le vœu de l’article 289 de la constitution haïtienne. Et c’est cette structure qui doit faire parvenir via l’exécutif tout possible amendement de la loi électorale au parlement.

Cet article prévoit la constitution d’un Conseil électoral provisoire – à défaut d’un conseil permanent – avec des représentants de 9 secteurs de la vie nationale haïtienne.

« C’est anormal, il n’existe pas encore de structure devant organiser les élections et on amende la loi électorale. C’est absurde », a déclaré Exius dans la presse.

En s’appuyant sur l’article 7 de l’accord qui indique que « les parties s’accordent pour que le Collège transitoire du conseil électoral permanent (Ctcep) soit renommé Conseil électoral provisoire (Cep) », Chery estime qu’en exigeant la mise en place du Cep, « les sénateurs sont en plein dans l’accord ».

Les sénateurs veulent un Cep avec 9 représentants de la vie nationale mais l’accord veut un Cep calqué sur le modèle du Ctcep, c’est-à-dire formé avec 3 représentants de chaque pouvoir de l’Etat.

Le jeu parait corsé. Les élections auront-elles lieu vraiment le 26 octobre 2014 ? Doit-il y avoir un nouveau dialogue ou tout simplement retourner à la case départ ?

Chery propose que médiatrice, exécutif et législatif se remettent à parler.

Dans l’enceinte du parlement, le sénateur Jean Charles Moise et le député Arnel Belizaire, adversaires politiques jurés du pouvoir en place, annoncent la reprise de la mobilisation de rue pour obtenir la démission du chef de l’Etat Michel Joseph Martelly avant la coupe du monde de football qui débutera le 12 juin 2014 au Brésil. [efd kft gp apr 11/04/2014 17 :30]