Haïti – Carnaval et liberté d’expression : Le Rnddh appelle au respect des droits des groupes musicaux interdits de défilé

P-au-P, 26 févr. 2014 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) s’est adressé à la titulaire du ministère de la culture, Josette Darguste, pour inviter au respect des droits des groupes musicaux, dont les meringues carnavalesques constituent une critique des actions gouvernementales, dans une lettre ouverte dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« Le Rnddh compte sur votre sagacité à bien analyser une situation qui porte préjudice à une catégorie d’artistes, détenteurs eux aussi de droits, dont le droit au travail (…) », lit-on dans cette lettre en date du mardi 25 février 2014, paraphée par le directeur exécutif du Réseau, Pierre Espérance.

Cette démarche du Rnddh consiste à porter à l’attention de la ministre le comportement du président Joseph Michel Martelly qui déclare que « l’argent de l’État ne sera pas octroyé à des groupes musicaux, en vue de leur permettre d’organiser des manifestations anti-gouvernementales ».

Les groupes, Brother’s Posse - avec sa méringue titrée « chochonèt », critique de la situation sociale et des actions du pouvoir - et Kanpèch - qui dénonce le comportement des autorités gouvernementales, en particulier celui de Martelly, à travers son texte « kijan l rele » - sont frappés d’interdiction d’offrir des performances au carnaval.

C’est une « pratique antidémocratique », enracinée « dans l’intolérance inquiétante du président de la république », estime le Rnddh.

Des agents de la Police nationale, affectés à Moron (Grande Anse, une partie du Sud-Ouest) ont mis fin, dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 février 2014, par l’utilisation de gaz lacrymogènes (lancés à partir de 9:00 pm locales), à une prestation du Groupe Brother’s Posse.

L’agent intérimaire principal, Jude Edouard Pierre, dans la ville de Carrefour, municipalité au sud de la capitale, a aussi interdit au groupe de participer aux festivités carnavalesques dans sa commune, à la fin de la semaine allant du 16 au 22 février 2014.

Il a affirmé avoir reçu les ordres d’un haut-placé.

Le Rnddh convie le ministère de la culture à adopter des « dispositions en vue de corriger la situation » et de permettre aux groupes écartés du défilé carnavalesque de jouir de leurs droits. [srh kft rc apr 26/02/2014 9:10]