Des sources alternatives de revenus pour une meilleure protection de l’environnement dans le Nord d’Haïti

Par Stephen Ralph Henri

Cap-Haïtien, 24 févr. 2014 [AlterPresse] --- Permettre aux paysannes et aux paysans de s’investir dans d’autres activités rentables et connexes au reboisement, à l’image de l’apiculture, est une nouvelle approche préconisée dans certains départements géographiques du pays, en particulier le Grand Nord.

« L’apiculture rassemble le reboisement et la perspective d’une source de revenus alternative », explique la représentante du Programme des nations unies pour le développement (Pnud) en Haïti Sophie De Caen, qui juge que c’est une activité qui aidera « à arrêter la coupe des arbres pour faire le charbon de bois ».

Ronald Joseph est apiculteur et président de la coopérative des apiculteurs de Ouanaminthe (Cao - Nord-Est). Il a rencontré la représentante du Pnud dans l’après midi du 17 février.

Au cours de cette rencontre, le Pnud « nous a promis un accompagnement technique, du financement, une réorganisation du marché et un accompagnement pour le reboisement », a déclaré Ronald Joseph à AlterPresse.

L’accompagnement technique, devra permettre aux apiculteurs de passer des méthodes traditionnelles d’apicultures aux démarches modernes et contribuer à « renforcer la qualité et la quantité » de miel produit, entre autres, assure Sophie de Caen.

Le Pnud envisage aussi d’aider les apiculteurs à exporter le miel produit et à l’écouler sur le marché national.

« La production de miel est une activité rentable », soutient Ronald Joseph. En moyenne, les apiculteurs récoltent 3 000 gallons par année dans les conditions actuelles.

Ce sont 200 mille dollars américains qui seront accordés par le Pnud dans environ 6 mois pour revitaliser le secteur de la production de miel, promet Sophie De Caen.

Par ailleurs, à Derac, une localité de Fort-Liberté (Nord-Est), la préparation et la plantation de mangroves est une autre activité observée toujours dans le cadre de cette perspective de reboisement.

Avec les mangroves, l’idée est de « protéger les petits poissons », dans un premier temps et « de reboiser les bords de mer, ce qui ralentit la force des vents lors des mauvais temps et protège les espaces d’habitation », selon François Destorel, coordonnateur de la coopérative des pêcheurs de Derac.

Une autre activité en cours dans cette même localité, qui reçoit un financement du Pnud, c’est la création d’une forêt énergétique, avec diverses variétés de plantules, d’arbres qui peuvent s’auto-régénérer.

L’auto-régénérescence des arbres choisis participera à la pérennisation de la forêt au cas où des espèces seraient utilisées pour fabriquer des planches ou du charbon de bois. [srh kft gp apr 24/02/2014 01:40]