A l’occasion de la rencontre Martelly-Obama, sombre bilan du respect des droits humains en Haïti, dénonce le Rnddh

P-au-P, 6 févr. 2014 [AlterPresse] --- Haïti a régressé en matière de respect des droits humains sous la présidence de Michel Martelly : c’est ce qu’affirme le Réseau National de défense des droits humains (Rnddh), dans un rapport publié à la veille de la rencontre entre le président haïtien et son homologue américain Barack Obama, prévue ce jeudi 6 février 2014.

Le rapport soulève plusieurs points de préoccupation, en relation à la gestion de l’administration Martelly.

Il appelle à la prise en compte de la question des droits humains dans l’agenda de discussions entre les deux chefs d’État.

« La présidence de Joseph Michel Martelly est marquée par des attaques contre les libertés publiques. D’une part, les manifestations antigouvernementales sont réprimées par la Police Nationale d’Haïti (Pnh) à coups de gaz lacrymogènes… D’autre part, les partisans zélés du Président, bénéficiant de la passivité des agents de la Pnh, interviennent aussi pour brimer les manifestations, par des jets de pierres et de tessons de bouteilles », fustige le Rnddh.

Le réseau évoque une « impunité officialisée », alors que des proches du pouvoir - impliqués dans le trafic de drogue ou recherchés par la justice - sont libres comme l’air.

Tout cela a lieu dans un contexte de système judiciaire devenu « l’arrière-cour du président », ajoute-t-il.

Les institutions étatiques, qui ont pour mission de lutter contre la corruption et les crimes financiers, n’existent aujourd’hui que de nom, sauf s’il s’agit d’un dossier qui pourrait nuire aux opposants politiques. Ces institutions restent sourdes, même dans les cas de dénonciation par clameur publique, soutient le Rnddh dans son rapport.

De plus, le président a créé « un climat de malaise politique » en voulant concentrer tous les pouvoirs entre ses mains, dénonce le Rnddh, parlant « d’impasse politique ».

« Instaurée en règle, notamment depuis la montée au pouvoir du président Joseph Michel Martelly, la corruption gangrène les institutions publiques », souligne encore le Rnddh.

Dans le cadre des travaux d’infrastructures et de construction de bureaux publics, les firmes haïtiennes ont été écartées, dans l’obscurité la plus totale, au profit des firmes étrangères, avec une préférence accentuée pour les firmes dominicaines, souvent dans le mépris des règles générales de la passation, d’exécution et de règlements des marchés publics.

Rappelant les nombreuses promesses de campagne de Martelly, cet organisme de défense des droits humains conclut que les droits économiques et sociaux ne sont pas respectés.

Les conditions de vie dans les camps de sinistrés du séisme de 2010 ne se sont pas améliorées, les expulsions forcées se poursuivent dans l’indifférence des autorités.

De plus, les promesses de Martelly en rapport avec l’emploi ne sont toujours pas respectées, près de trois ans après son investiture.

Michel Martelly a été élu en 2011. C’est pour la première fois qu’il reçoit une invitation de la maison blanche américaine. Le mercredi 5 février 2014, il a eu des discussions avec le secrétaire d’État américain, John Kerry.

Au moment, où s’effectue cette tournée, un rapport du directeur national des services de renseignement américains, James R. Clapper, avertit qu’Haïti risque de connaître des mouvements de protestations, éventuellement violentes, à la veille de l’organisation des élections qui doivent se tenir en 2014.

« Martelly est encore populaire, mais des protestations politiques, possiblement violentes, peuvent se produire avant les élections, prévues pour 2014 », a déclaré le fonctionnaire. [jep kft gp apr 6/02/2014 10:20]